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Carnet d'un Facteur Cheval de la philosophie et révolutionnaire devant l'Eternel.

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16 novembre 2015

Un nuisible

Bon alors je vais y aller, moi aussi, de mon petit commentaire. J'ai vachement envie de dire un truc, mais alors va falloir essayer de trouver quoi. Pas facile. C'est vraiment le genre de circonstance typique où se disent le plus de conneries. Le mieux serait de fermer ma gueule alors me direz-vous? Oui. Mais non. Tant pis.

Parmi les trucs qui m'énervent, il y a cette illustration tellement spectaculaire de la règle du différentiel distance/souffrance. Il s'agit d'une équation affective qui ne fait pas honneur à la race Homo Sapiens. Si nous sommes des mammifères effectivement exceptionnellement doués d'empathie (bien que d'autres mammifères en soient fort capables aussi), l'empathie en question est régie par cette loi qui m'apparaît obscène : l'identification à la souffrance d'autrui est inversement proportionnelle à la distance qui le sépare.
En effet, l'indignation est soudainement à son comble, les démonstrations d'amour pour les siens paroxystiques, pourtant, il ne s'est rien passé de particulier vendredi soir. Ou plus exactement, la seule particularité de ce qui s'est passé vendredi soir, c'est que ça s'est passé dans ma ville, dans mon pays, que des amis d'amis ont été tués, bref, des gens proches de moi. Là, du coup, je suis vachement triste pour eux.
C'est humain, comme on dit. Certes. Mais c'est dommage que ça le soit. Parce que, justement, ce dont Homo Sapiens a besoin, c'est d'empathie globale. C'est en se soignant elle-même globalement que notre espèce peut espérer faire reculer la violence qu'elle abrite. Pas seulement en se préoccupant du sort des individus concernés par un périmètre géographique et affectif particulier.
Et sans parler du fait que le monde entier soit bouleversé quand Paris est sous le feu, mais bouge à peine la moustache quand cela se produit dans le monde que j'appelle indigénisé. Il est absolument évident que toutes les vies ne se valent pas, et que les vies occidentales sont celles qui valent le plus cher.

Attention! Que l'on ne s'y trompe pas. Je ne suis pas en train de minimiser la barbarie de Deash, telle qu'elle s'est exprimée, PAR EXEMPLE, vendredi soir dernier. Ce que je dénonce, c'est l'émotion à géométrie hyper variable.
Le monde dans lequel on vit est une saloperie.
Il serait temps d'intégrer cette information.

C'est une saloperie, parce que la violence est omniprésente, elle caractérise la marche du monde globalisé du XXIe siècle. Il y a la violence spectaculaire, comme celle de vendredi soir, des gens qui prennent du bon temps en toute innocence, en toute ignorance du moindre risque, sans la moindre forme d'avertissement, et qui se font trucider à la chaine - transformation hyper brutale et impressionnante de vie en mort, de légèreté en cauchemar sans réveil.
Et puis il y a la violence ordinaire, silencieuse, celle qui ne suscite pas l'empathie qu'elle devrait, je parle de la domination du monde riche et puissant sur le monde pauvre et soumis.
Oxfam estime que les 80 foyers les plus riches, dans le monde, possèdent un patrimoine cumulé égal à celui des 3 milliards 500 mille foyers les plus pauvres. Cela signifie que 80 foyers accumulent en moyenne 44 millions d'euros, quand 3 milliards et demi de foyers n'en possèdent qu'un seul.
Ces 50% les plus pauvres, se disputent 1% de la richesse mondiale.
En élargissant le spectre, 0.7% de la population Homo Sapiens, soit 49 millions de personnes, détient 41% du patrimoine mondial, celui que se partagent les 7 milliards de représentants de notre espèce. Les 10% les plus riches, 700 millions, en concentrent 86%.
Tout ça, c'est des chiffres me direz-vous? Oui, ce sont les chiffres de la misère. Une misère vertigineuse.
Nous avons à l'oeuvre une caste hyper puissante de quelques dizaines d'individus, étendue à quelques centaines, quelques milliers d'hyper puissants, une population très privilégiée de quelques dizaines de millions, et sensiblement privilégiée de quelques centaines de millions, et des milliards et des milliards de miséreux.
Telle est, à mes yeux, la plus grande violence dont il y ait lieu de s'indigner : le mépris d'homo Sapiens pour Homo Sapiens.

Maintenant, ceci explique-t-il cela? Est-ce à cause de toute cette injustice que des êtres humains en arrivent à cette soif de sang? J'avoue que je n'en sais rien.
Je suppose que même dans un monde économiquement et idéologiquement équilibré, où la dignité et la valeur de chacun serait officiellement et réellement identique, Homo Sapiens produirait des fous sanguinaires.
Mais une chose est certaine, ils auraient beaucoup plus de mal à faire école, à susciter la moindre complaisance. Daesh recrute sur la base du ressentiment, de l'amertume, de la frustration de ceux qui s'identifient aux perdants du merdier qui fait office de marche du monde.

Tant de haine, on voudrait comprendre. Il doit y avoir une raison. Ha, nous dit-on beaucoup, c'est parce qu'ils ont bombardé la Lybie, l'Irak et la Syrie.
Attention!
S'il est vrai que la disparition des régimes de Kadafi et les difficultés du régime de Bachar, en particulier, ont ouvert la voie à l'émergence de Daesh, Daesh ne vient, en revanche, venger la mort de personne! Ils viennent la semer, point barre. Combien se sont précipités pour dire qu'ils n'étaient pas charlie? Charlie ou pas, juif ou pas, musulman ou pas, lève-tôt ou lève-tard, ce qui intéresse Daesh, c'est la mort, au moins cette fois tout le monde le comprend. Il faut quand-même savoir que l'immense majorité des victimes de Daesh à travers le monde sont musulmanes.
S'il est vrai, par ailleurs, que l'on peut difficilement prêter de nobles intentions aux occidentaux qui sont intervenus en ce sens, on ne peut en prêter de meilleures, ni à Kadafi, ni à Bachar. Les printemps arabes n'étaient pas l'instrument du monde occidental, mais un mouvement spontané d'aspiration à la justice, réprimé dans le sang. En rien il n'eût été plus honorable, de la part des dirigeants occidentaux, de les laisser faire tranquillement. Alors, quoi, quelle est la leçon à retenir? Qu'il faut laisser les despotes mater tranquillement leur population, surtout les laisser crever, car sinon des méchants risqueraient de nous attaquer? Tu parles d'un idéal de justice.
Il y a bien des saloperies à reprocher à nos dirigeants, c'est pas ça qui manque. Il est infiniment plus urgent de leur reprocher de faire un monde de misère, que de frapper certaines fripouilles d'entre eux.

On voudrait comprendre pourquoi tant de haine, mais il n'y a rien à comprendre. C'est la condition humaine qui est à blâmer. Tel est l'être humain, doué d'empathie à géométrie variable, et éventuellement soumis à la soif de sang.
Autant chercher à comprendre pourquoi Angela Merkel tient tant à punir les grecs, et autres apostats et mécréants de la sacro-sainte Dette.
Autant chercher à comprendre comment on peut se gaver d'or pendant que ses semblables crèvent de misère, sachant, par dessus le marché, qu'il n'y aurait pas tout cet or, s'il n'y avait pas toute cette misère.
Autant chercher à comprendre pourquoi Homo Sapiens est engagé dans un méticuleux saccage de son propre environnement.

Pour ma part, je me contente d'en prendre acte, et d'en déduire qu'Homo Sapiens, jusqu'à preuve du contraire, est un nuisible. Un nuisible à lui-même. Que Daesh frappe ou ne frappe pas, ici, ou ailleurs.

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9 juillet 2015

Vice, vertu, égoïsme, altruisme et nécessité

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Il est temps, grand temps de discuter du vice et de la vertu plus en profondeur, et cette exploration nous mènera tout droit vers la nécessité, un terme que j'ai peu employé jusque-là, et qui mérite une entrée remarquée. Car la nécessité, c'est un concept clé, ne pas être capable de l'appréhender, c'est se trouver face à un sérieux handicap, qu'il faut tout faire pour surmonter. Ne pas comprendre la nécessité, c'est se cogner perpétuellement dans les murs de la réalité qui se présentent sur son chemin.

Quant aux mots égoïsme et altruisme, je les méprise un peu. Si je les ai employés en titre, c'est pour attirer l'attention du chaland sur les enjeux qui se jouent ici. On associe habituellement l'altruisme à la vertu, et l'égoïsme au vice. Nous verrons que cette association est celle de la carpe et du lapin. 

Le vice, c'est ce qui favorise, engendre, pérennise le mal, le mal ayant été défini lui-même plus haut. La vertu, c'est ce qui combat ce mal, l'empêche d'émerger, le fait reculer, le terrasse éventuellement. La vertu, c'est aussi la légèreté, l'innocence, de ne rien faire de bien, peut-être, mais au moins, rien de mal. 

Or de quoi avons-nous besoin pour combattre le mal? Nous avons besoin de combattre les illusions. Quelles illusions? Toutes. Les siennes, celles d'autrui. Les plus anodines, les plus emblématiques. Les plus anodines, car elles comportent, tapi en leur sein, le papillon de la souffrance et de la misère, dont chaque battement d'aile doit faire frémir l'esprit éclairé, et les plus emblématiques, car elles sont l'Océan de crasse, de merde, de boue et de vomi dans lequel baignent les deux tiers d'Homo post Sapiens. 

Or de quoi avons-nous besoin pour combattre l'illusion? Mais au fait! Qu'est-ce que l'illusion? Voilà un mot que j'emploie à tour de bras, mais l'ai-je défini? Que ne l'ai-je défini plus tôt? Voyez comme je suis brouillon. Mais je n'ai pas l'illusion du contraire!

Qu'est-ce que l'illusion? C'est ce que l'on a sous les yeux, mais que l'on ne voit pas. Le fait qu'on l'ait sous les yeux implique qu'on le voit, mais le fait qu'on ne le voit pas implique qu'on refuse de le voir, parce que l'on refuse de consentir à l'effort que cette observation, souvent douloureuse, impose. L'illusion, c'est ce voile que l'esprit place sur ce que l'on voit, mais que l'on ne veut pas voir, et que, du coup, sous l'effet de l'illusion, on ne voit pas. L'illusion sert en particulier à dissimuler la médiocrité, la plus anodine, comme la plus emblématique. L'illusion consiste en la stratégie d'évitement, et en la substance noologique qui en résulte. C'est à dire que l'illusion, c'est le discours que produit l'esprit, le logiciel, pour éviter à consentir l'effort que l'observation impose. C’est la justification.

Techniquement, personne n'est davantage responsable de son taux d'illusion "dans le sang", que de son taux de globules blancs dans ce même sang. Le taux d'illusion dépend de la quantité de médiocrité produite, d'une part, et d'autre part de la capacité du logiciel à détecter cette médiocrité, et à la traiter.

Typiquement, l'illusion que l'on observe chez l'être humain lambda n'est pas le résultat d'une surproduction de médiocrité quelconque, mais le résultat d'une stratégie d'évitement de celle qui se manifeste, stratégie plus ou moins efficace. L'efficacité de la stratégie dépend du confort qu'elle procure in fine. Si je suis tourmenté, c'est que mes illusions ne sont pas loin d'abandonner leur voile, mais elles s'y refusent, et la tension est proportionnelle à l'enjeu. Si je suis paisible et serein, cela signifie que mes illusions sont puissantes, qu'elles me protègent bien. Oui, il n'y a pas de sérénité sans illusion, à partir du moment où l'on regarde le monde. Tant que l'on ne se regarde que le joli petit nombril tout rose de fraicheur, à la seule condition qu'il le soit effectivement, alors les illusions sont superflues. Sauf celle de croire qu'il n'existe que de tels jolis petits nombrils dans le monde, sans savoir que les deux tiers sont dans un état épouvantable. Mais dès que l'on regarde le monde en face, c'est à dire sa Misère, l'alternative est la suivante : l'illusion ou la douleur, l'immense douleur. L'illusion que "ça va", que "ça ira". 

Ça ira si on y travaille! Si on fait la Révolution! Pour faire cette Révolution il faut se débarrasser de l'illusion que "ça va aller". Ça ne va pas aller DU TOUT si l'on ne fait rien.

Mais revenons au vice et à la vertu. Nous avons vu que la vertu, c'est combattre l'illusion. Et nous en étions à cette question, de quoi avons-nous besoin pour combattre l'illusion? D'altruisme? Mais qu'est-ce que c'est que ce truc? L'égoïsme? De quoi ça parle? C'est comme si une cellule du corps humain se demandait s'il fallait être altruiste, et participer au fonctionnement du corps, ou égoïste, et faire son truc dans son coin. Quel truc? Quel putain de truc? Tu es une putain de cellule dans le Corps d'Homo Sapiens! Qu'est-ce que tu veux faire d'autre que servir ce Corps dans ton propre intérêt? L'altruisme? Mais enfin, si je sers le Corps Homo post Sapiens, c'est parce qu'il n'existe aucune autre voie! C'est la... nécessité! 

La vertu, c'est ce qui sert la nécessité! 

Qu'est-ce que la nécessité? Es Muss Sein! Voilà ce que c'est! C'est quand il le faut, tonnerre de Zeus, il faut bouffer, il faut avoir assez chaud, pas trop, il faut payer son loyer, il faut baiser, il faut réfléchir! Il faut que la pluie et le mauvais temps se succèdent, il faut que la douleur côtoie de près la jouissance, il faut que la Terre tourne, tant qu'elle tournera. Le vice, c'est ce qui est issu de la faiblesse du logiciel humain, et qui se dresse sur le chemin de la nécessité, comme en ce moment Merkel s'arc-boute pour échapper à la nécessité de sauver la Grèce, Es Muss Sein Angela! 

La vertu, c'est une affaire d'humilité et d'intelligence, ce sont deux mots qui désignent presque la même chose. L'intelligence, c'est la capacité à traiter les données dont on dispose, en particulier à détecter les données manquantes dont on a besoin pour computer (réfléchir, penser, agir, décider), l'humilité, c'est la compréhension de l'impossibilité, pour l'intelligence, de lutter contre la nécessité. Ces deux mots, in fine, désignent la même chose, parce qu'une intelligence qui se mobilise pour lutter contre l'intelligence, celle de la nécessité, est proprement une "anti-intelligence", l'intelligence remplit donc, dans son expression fidèle à elle-même, rigoureusement le même rôle que l'humilité ; détecter la nécessité, et s'y soumettre. Maintenant, l'humilité peut déployer plus ou moins son intelligence, en servant plus ou moins fidèlement la nécessité, et l'intelligence peut déployer plus ou moins son humilité, en détectant plus ou moins bien la nécessité qui lui revient de traiter.

Une chose est certaine, l'altruisme n'a rien à faire dans cette histoire. L'altruisme, c'est le degré d'attention que l'on porte à autrui. L'on peut être effectivement plus ou moins égocentré, mais cela n'a rien à voir avec le vice et la vertu. En effet, l'altruisme peut se révéler un terrible vice. C'est le cas quand on donne en attendant quelque chose en retour. On ne l'obtient pas, ou très rarement, et on conçoit alors une immense frustration d'avoir tant donné pour ne rien recevoir, et cette frustration, cette amertume, c'est un poison presque aussi dangereux que la haine.

Et lorsque que l'on convient d'un échange, et que l'on se fait flouer, on s'en prend à l'autre, qui n'a pas tenu sa parole. C'est un égoïste. Mais c'est moi qui n'ai pas été assez égoïste, je n'ai pas pris toutes les précautions nécessaires pour ne pas me faire flouer, je suis l'idiot. L'autre est égoïste tout comme moi, ni plus ni moins, l'autre est un instrument de la nécessité, il la sert dans le vice, mais il la sert, qu'il le veuille ou non, tout comme moi.

Et l'amour, tout cet amour que l'on donne, et l'on est furieux de ne pas le recevoir en retour. Quelle injure faite à celui que l'on aime, d'exiger de lui quoi que ce soit! Nul ne peut prétendre à l'appartenance d’autrui, aucune forme d'appartenance. C'est justement parce que je t'aime, que je me refuse à te déposséder de toi-même. J'ai le droit de m'offrir à toi, si je le fais en connaissance de cause, en conscience de ce que cela signifie comme risque si tu venais à me blesser, j'ai le droit de faire de mon corps ton corps, mais je n'ai pas le droit de l'exiger de toi, et je t'insulte, je te trompe, je te mens à toi et je me mens à moi-même si je dis t'aimer, et que je cherche en fait à te posséder par mon amour.  

L'altruisme, dans l'ensemble, c'est de la merde, ou le début des emmerdements. Un esprit qui se décentre de lui-même pour aller se loger en autrui est en fort danger de pourrir le monde, sauf circonstances particulières de l'amour partagé sainement. Ce qui fait aller au monde, sortir de soi, ce n'est pas l'altruisme, c'est la curiosité, l'amour. L'amour, c'est un privilège, une jouissance, d'abord et avant tout pour soi-même évidemment! L'amour c'est l'amour de l'amour, c'est aimer aimer, et aimer, c'est justement le plus grande joie, cette joie, c'est à soi-même qu'on l'offre! 

Il me semble avoir fait à peu près le tour... comme d'habitude, je vais laisser mûrir un moment, une maturation active, je reviendrai modifier ce qu'il y a à modifier (9 juillet 2015). 

 

 

 

4 juillet 2015

Commentaires

Je vous invite à suivre le fil des commentaires ici, en bas de cette page. Il commence à s'y dire des choses...

Voilà c'est parti. - Carnet d'un Facteur Cheval de la philosophie - La condition humaine, le vrai, le faux, le juste et l'injuste

Ça faisait quelques jours que cette idée me trottait dans la tête, l'idée de me servir d'un blog pour faire ce que je cherche à faire depuis des mois, des années ; écrire. Ecrire pas n'importe quoi, mais produire une substance propre à restituer la représentation du monde et de la condition humaine dont je me trouve porteur.

http://fabiandaurat.canalblog.com

 

30 juin 2015

Es Muss Sein!

Voilà, le mouvement porte son nom! Contre toute attente, c'est de l'allemand! Justement, c'est ça le coup de force! 

Suivez-moi, il faut changer le monde, Es Muss Sein!!!

Le marseillais qui ne ment jamais

 

 

30 juin 2015

Voilà c'est fini

Pas le blog, il continue! 

Non, ce qui est fini, c'est mon rêve de buzz, là, tout de suite, maintenant, rêve suscité par les événements : le dossier uberpop.

J'ai bandé tous mes muscles, et Dieu sait qu'ils sont saillants, mais ça n'a pas suffi, ça a servi, à priori, à presque rien, si ce n'est à me prouver à moi-même, une fois de plus, la puissance de mes muscles noologiques. Quelle impuissante puissance! Je suis impuissant, je le demeure. Je suis muet, muet je demeure. Car je ne suis rien ni personne, car nul ne m'entend vociférer sur les plateaux télé. 

Et c'est dur. 

Mais je poursuis mon chemin de révolutionnaire, je le poursuivrai jusqu'à la mort. 

Et un jour, je remporterai la victoire, je changerai le monde. 

 

Le marseillais qui ne ment jamais

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29 juin 2015

Il faut sauver le soldat grec!

nauffrage

Sous nos yeux se déroule une catastrophe. Ce ne sont pas des migrants venus d'ailleurs qui se noient dans la méditerranée pendant que l'on compte nos centimes dévolus aux secours en mer, mais nos voisins les plus proches qui font naufrage dans l'indifférence quasi générale. 

Christine Lagarde et sa Troïka de hyènes mène une fronde centre les lois les plus élémentaires de l'éthique, et tout le monde se met au garde à vous, pendant que Tsipras, valeureux capitaine d'un navire dont l'équipage l'a élu à sa tête pour éviter cette catastrophe, se voit menacé de mort s'il ne vend pas sa peau. 

Et nous restons bras croisés! 

Mais il faut envahir les rues d'urgence! Réveillons-nous MERDE! 

Nous allons TOUS crever bientôt si ce vomi intellectuel de la Dette continue à se déverser sur le monde. 

Nous pouvons, nous devons changer le monde. 

 

 

28 juin 2015

La Valse de la Civilisation

kalach

Monsieur Valls, notre premier ministre, se trompe d'analyse ici comme ailleurs. Il ne s'agit nullement d'une guerre de civilisation, mais d'une guerre de LA Civilisation. Une guerre de la Civilisation, dont il faut préciser qu'elle est menée contre la haine que cette même et unique Civilisation porte en son sein, génère en son sein. 

Oui, c'est la Civilisation qui génère cette haine, elle la génère, car elle est basée sur l'idéologie du Vae Victis. Cette idéologie, elle trône sur un édifice intellectuel taré, dont le totem consiste en la notion de libre arbitre. Les perdants sont les perdants parce qu'ils le méritent. Oui mais voilà, c'est faux. J'ai livré une démonstration "mathématique" de l'illusion que représente le libre arbitre. Il faut se référer à mes travaux "Le libre arbitre et la machine humaine" et ma "théorie de la relativité du libre arbitre" qui figurent sur mon blog. Les perdants sont les perdants pour une seule raison : Ils n'ont pas eu de chance. Or, ces perdants qui n'ont pas eu de chance, sont en état de souffrance. Or, cet état de souffrance induit un haut risque de bouc émissaire. Comme uberopop est le bourreau des taxis aux yeux des taxis qui réclament la tête d'uberpop, le "djihadiste" voit en la civilisation occidentale son bourreau, et tranche toutes les têtes qu'il trouve sur son passage. 

Comprendre l'illusion du libre arbitre, c'est comprendre que l'on ne peut pas guérir un chien enragé, qu'il n'a pas décidé d'attraper la rage, et que, par conséquent, il est inutile de le punir. S'il faut parfois le tuer, la moindre des choses serait de le laisser partir rejoindre son camp, cela ferait, au demeurant, moins de dingues en France. Voyez en Tunisie le nombre de fous dangereux qu'ils ont. C'est parce que ces derniers restent sur place! Quelle chance que les nôtres s'en aillent en Syrie, qu'est-ce que ce serait sinon?! Comprendre l'illusion du libre arbitre, c'est comprendre que la Civilisation ne guérira aucun de ces chiens enragés, sauf miracle. Des miracles, on en verra, on voit toujours des miracles partout, de toutes natures, mais la norme, c'est une impossibilité de guérir.

En revanche, ce que peut faire la Civilisation, c'est arrêter de générer la rage. Arrêter de générer la misère et la haine qui va avec. 

Citoyens de France, de la Civilisation des êtres humains, je vous en conjure. Urbi et orbi, exigez de vos gouvernements qu'ils en finissent avec l'idolâtrie de la Dette et du libre arbitre. Le terrorisme, la misère, se combattent avec énormément d'argent. De l'argent pour faire la guerre armes au poing, certes, mais surtout de l'argent pour faire école, crayon à la main. Celui qui jouit de la faculté d'exprimer ce qu'il ressent à travers les mots ou toute autre activité constructive pour l'intelligence, échappe statistiquement à la contagion de la haine, car il trouve un emploi dans la société qui l'en préserve, un emploi de dignité. Et si cette haine se présente par effet d'empathie viciée ou autre phénomène psychologique, si elle vient à émerger malgré tout, alors l'éduqué jouit au moins d'un outil intellectuel pour l'exprimer sans avoir à trancher de tête, statistiquement. Il restera probablement toujours une marge de fous sanguinaires en ce monde, mais certainement pas des légions de "djihadistes" si l'on cesse de les susciter.

Ces légions, notre Civilisation les fabrique statistiquement, elle fabrique la haine à l'intérieur du périmètre statistique que son action induit, l'action qui consiste à fabriquer des perdants de la mondialisation. Ce meme phénomène est à l'origine des sentiments nationalistes en Europe, et la haine qui les accompagne. Le résultat n'a rien de statistique, lui, il est ravageur.

Notre Civilisation doit cesser de fabriquer cette haine, il faut mobiliser l'argent que cette guerre de la Civilisation requiert. Faisons un monde avec des écoles d'élite partout, des perdants nulle part, nous ferons un monde sans guerre. Nous le pouvons, il suffit de prendre l'argent là où il est. Changeons le monde mes frères et soeurs, nous le devons au monde, nous le devons pour pouvoir l'offrir à nos enfants.  

Le marseillais qui ne ment jamais

27 juin 2015

L'homme-monde

 

 

Pas l'immonde, non, l'homme-monde, voilà ce que je suis. Je ne suis pas un prophète, ou alors, celui de mes propres fantasmes et rêves, celui de ma propre intelligence, celui de ma propre connaissance, et de ma fantaisie aussi. Mais je ne suis que l'homme-monde. C'est déjà pas mal. Assez pour faire la Révolution. Il faut me suivre, Toi, Monde. Je t'emènerai sur la route, et là où je t'emènerai, il n'y aura plus d'immonde, il n'y aura que des hommes-mondes, et les femmes qui les aiment, et qu'ils aiment, et les enfants qu'ils élèvent, en étant mariés, pacés ou pas, de même sexe ou pas, transexuels ou pas. 

 

 

26 juin 2015

Le sacré

Le sacré, c'est se battre, se battre pour un objet, une idole qui répond à deux critères, deux impératifs pour mériter le nom de sacré 1) Etre plus grand que soi, que moi qui me bats pour le sacré 2 ) Viser à l'Unité de la Patrie humaine. 

Nos légionnaires accomplissent une tâche sacrée dans la mesure où ils attaquent des cinglés sanguinaires qui savent à quoi s'en tenir, et dans la mesure où ils nous protègent d'eux. Je suis fier d'eux, de nos soldats, de la légion étrangère en particulier je dois dire, car c'est une magnifique incarnation de l'universalité de la France, de la loyauté envers son Sein nourricier. Ces hommes offrent leur vertu, leur dignité à une France qui le leur rend avec sa Vertu et sa Dignité. Cette légion, la nôtre, il faut l'accompagner, bien évidemment, de toutes les Légions qui satisfont à la loyauté envers la dignité des êtres humains qu'elles croisent sur leur passage, jusqu'à leurs victimes au combat.

Ha, si toutes les légions du monde étaient comme notre légion étrangère... Elles apprendront de nous. La France, sur le plan de l'honneur militaire, pourrait s'offrir de donner les leçons aux puissances américaines ou israéliennes par exemple, elle serait légitime. Et ce, malgré ses éventuels et terribles outrages, comme ceux survenus à Bangui, les abus commis sur des enfants. Est-ce la légion étrangère qui a fait cela? Je pose la question... Je parie que non, du tout! Bref, nos légionnaires sont sacrés, ils accomplissent une tâche sacrée. 

En ce qui concerne les autres représentants de la Force Publique française, cela dépend. Les choses sont plus troubles notamment dans le civil, les abus de toutes natures nombreux, divers et variés. Les abus d'autorité, de médiocrité institutionnelle. Pas la défaillance individuelle, celle-là est parfaitement Universelle, oui monsieur.

L'art et le sport sont sacrés. Ce sont deux des plus nobles expressions de la Grandeur, du Génie, du Prodige de l'espèce Humaine. Le sport est sacré, mais il est perverti par l'obscurantisme, à commencer par celui des instances dirigeantes du football qui refusent l'arbitrage assisté par optique électronique pour tous les compartiments du jeu, comme on le fait merveilleusement bien au rugby. Perverti, parce que gagner dans la triche est un déshonneur, une indignité, et perdre dans la triche est un honneur, une dignité. Or, le sport a cela de magnifique, qu’il distingue le perdant du gagnant à l’intérieur des règles, du cadre connu de tous, à la substance éthique incontestée, c'est pour cela que le gagnant en est un vrai. Sans quoi, le sport n'a rien de sacré, c'est juste de la merde.

T'as vu j'ai même pas parlé de la corruption?! On me dit que je suis obsédé par le pouvoir de l'argent, que ce n'est pas le seul enjeu, comme quoi, je me soigne. L'argent c'est le nerfs de toutes les guerres. Tu as beau parler de complexité, la complexité est AUSSI constituée de simplicité en son sein, appeler un chat un chat, mettre les points sur les i, appeler l'argent le Nerfs de la Guerre. Il nous faut prendre des Montagnes d'or.

Voilà une quête sacrée, des montagnes d'or pour nourrir l'Or de la Civilisation, le vrai, l'or noologique, le fruit de l'esprit humain, quel esprit prodigieux si on le cultive. Le cultiver, cela vaut de l'or, dans tous les sens de l'expression.

Cultiver l'esprit (comme je l'ai indiqué au cours de la première phase de mon récit, voir le logiciel humain), voilà une quête sacrée.  

Ce qui est sacré enfin, et avant tout, c'est le devoir de respect envers la dignité d'autrui, car la dignité d'autrui et la sienne propre n'alimentent qu'un seul et même ruisseau, affluent des rivières et fleuves de la Dignité Humaine que nous buvons tous, que nous le voulions ou non, perchés sur notre petit caillou baigné de la flaque qu’on appelle Océan. Tout vendeur étant aussi acheteur, tout mépris à l'égard de la dignité d'autrui est un mépris à l'égard de soi-même. Il faut respecter notre Oasis dans tous les compartiments du jeu, noologiques et écologiques, c'est tout de même, merde, la moindre des choses sacrées. 

Le sacré c'est le sentiment du devoir accompli, c'est savoir que l'on a fait sa part, et que Dieu pourvoira au reste comme il plaira à Dieu. C'est s'offrir, serein, à la mort prochaine, dont la venue rapide caractérise, entre autres, la condition humaine (jusqu'à nouvel ordre).

Le sacré, c'est l'humilité, et l'audace qu'elle implique pour être à sa hauteur, l'audace que la vertu requiert pour s'exprimer.

26 juin 2015

Les soldats

Des légions verront en moi l'antéchrist, et devront me protéger d'elles, celles qui verront en moi ce que je suis, un révolutionnaire sans arme, qui jouis de la seule force des mains de son intelligence.

Je suis un soldat, c'est l'identité de mon Général Supérieur qui fait ma spécificité, mais je ne décide de rien. J'ai vu l'autre jour un reportage sur la légion étrangère. Ces hommes sont dignes dans leur soumission, comme des fauves obéissant aux lois de la jungle, ils sont des hommes courageux et compétents, durement entraînés au service de la République française. Et la République française, que fera-t-elle de moi?

Nous vaincrons, la France vaincra, y compris sur le terrain militaire. N'ayez pas peur. N'ayez pas peur de quelques explosions, de quelques décapitations. Nous sommes les forts, ceux qui triomphent.

Le marseillais qui ne ment jamais

Le marseillais qui ne ment jamais

Allons enfants de la Patrie-i-e, chantons la Gloire de la Cité. En son sein notre belle fratrie-e réunit tou-te l'humanité, réunit tou-te l'humanité. Entendez-vous bat-tre campa-gne, les e-nnemis de l'Unité? Ils viennent jusque dans nos coeurs, pour semer la haine et la rancoeur-e! Nos larmes citoyens, ne coulent pas en vain, versons, versons, un ciel Azur, blanc rouge, sur nos sillons, tin-tin-tin

Oui il le faut! Yes we have to. Si, tenemos que cambiar el mundo, es muss sein!

Nous sommes Légion! 

Et nous vaincrons! 

Debout! 

Debout! 

Allons! 

Allons! 

Qu'un Ciel Azur, blanc rouge comme le Sang Noble d'Homo post Sapiens abreuve les Sillons de la Révolution. 

 

26 juin 2015

Alea Jacta Est

Plaise à Dieu ce qui lui plait.

26 juin 2015

Sur la tête de ma mère

Je te jure sur la tête de ma mère, taxi, toi et moi, nous sommes censés combattre dans le même camp, car celui qui nous bouffe est notre ennemi commun, et pendant que nous présentons tous deux notre belle et reluisante rondelle à Christine Lagarde et sa Troïka de hyènes, Goldman Sachs et Standard and Poors, à ceux qui idolâtrent la Dette et le Libre Arbitre, tu me disputes le petit bout de gras que j'ai pris sur ta grosse carcasse. Et toi, taxi, toi qui t'es fait baisé avec ta licence qui ne vaut plus un clou, tu t'es fait baisé par tes pairs d'abord, qui t'ont arnaqué jusqu'à l'os, et tu te fais maintenant baiser comme tout le monde, comme un bon grec, par Christine Lagarde, car c'est elle qui, avec son god-ceinture noologique - idéologique - t'empêche de te soulager en recevant le dédommagement auquel tu as droit. 

Et je jure sur la tête de ma mère, d'ici peu de temps, il n'y aura plus de chauffeurs du tout. Les voitures se conduiront toutes seules. Et tu sais quoi, tant mieux mec, parce que nos enfant seront bien plus en sécurité sur la route, et nous, on devra se trouver un autre gagne-pain.

Je te jure sur la tête de ma mère que c'est comme ça la vie. Si tu es loyal vis-à-vis des règles qui le méritent, tu trouves toujours un bout de gras quelque part. Et si t'es trop gourmand, tu chiales quand tu trouves pas de gras-double, mais c'est pas grave, si t'as assez de gras tu restes vivants, et si Dieu veut, tu deviens plus fort, et sinon, ben ça fait juste de toi un connard de plus. Mais je te jure sur la tête de ma mère, si on vole le pain de tes enfants, celui dont ils ont besoin pour grandir, ni plus ni moins, alors tu as le droit de montrer tes crocs les plus acérés. Mais ne te trompe pas de cible, sur ma tête de ma mère, tu n'auras que des malheurs. Si tu t'attaques à plus fort, si tu t'attaques à plus faible aussi, car le propre de la faiblesse est de jouir de quelque force pour la maintenir en vie, sans quoi elle ne serait pas. 

Et je te jure sur la tête de ma mère, ce monde, il faut le changer. Quand tu es un être humain aujourd'hui, tu as deux chances sur trois d'être dans la misère, matérielle et/ou existentielle, intellectuelle, spirituelle. D'être l'esclave de quelqu'un, de bosser 12h par jour pour un putain de bol de riz, et/ou de prêter ton cerveau à la merde qu'on te sert pour se gaver d'or. Le point commun à tous les misérables, c'est qu'ils ne sont pas allé à l'école. Ou une école défaillante. L'école de la rue fonctionne parfois, mais souvent pas, nous le savons tous. En France, l'école de la Rue est sans doute le pire désastre de la Noosphère, maculée de haine, le pire poison d'Homo Sapiens. L'école de la République n'est pas en bien meilleure posture. Il faut des écoles d'élite pour tout être humain sur Terre, et je te jure sur la tête de ma mère qu'il n'y aura plus de misère sur Terre. Cela coûtera énormément d'argent, ça tombe bien, de l'argent, il y en a des quantités astronomiques dans la bio-noosphère, il suffit de le prendre là où il est. Et je te jure sur la tête de ma mère, tu peux toujours croire que tu te protèges en protégeant ta famille et même tes amis, mais c'est faux. Nous habitons tous sur ce petit caillou mec, on est une famille parmi les mammifères, nous sommes un Corps, le Corps Humain, et ce corps est aux deux tiers putréfié, et tant que tu n'auras rien fait pour soigner ton Corps, notre Corps, tu n'auras rien fait pour tes enfants, on va tous crever bientôt.

Aussi je te le jure sur la tête de ma mère, suis-moi, suis-moi, je t'emmènerai vers de plus verts pâturages. 

Le marseillais qui ne ment jamais

Allons enfants de la Patrie-i-e, chantons la Gloire de la Cité. En son sein notre belle fratrie-e réunit tou-te l'humanité, réunit tou-te l'humanité. Entendez-vous bat-tre campa-gne, les e-nnemis de l'Unité? Ils viennent jusque dans nos coeurs, pour semer la haine et la rancoeur-e! Nos larmes citoyens, ne coulent pas en vain, versons, versons, un ciel Azur, blanc rouge, sur nos sillons, tin-tin-tin

Oui, nous devons changer le monde! Oui, nous le devons.  

 

 

 

24 juin 2015

Nouvelles du front de la Révolution

J'ai été filmé dans la nuit de lundi 22 à mardi 23 par une équipe BFMTV dans ma voiture, au cours de l'exercice de mon activité de chauffeur uberpop, puis ils sont venus chez moi le lendemain pour prolonger l'interview, cela dans le cadre d'une chronique Grand Angle consacrée au sujet taxi versus uberpop. Le reportage sera diffusé ce soir, mercredi 24, vers 22h30, puis sera disponible en streaming replay sur le site BFMTV à partir du lendemain soir. Par ailleurs,  je viens à l'instant d'etre interviewé par une étudiante en journalisme qui produit une enquête dans le cadre de son école.  

Voilà, il semble que ça s'arrête là pour ce qui est de mon ascension fulgurante vers la notoriété. Je n'atteindrai à priori pas l'altitude visée au cours de cet épisode, mais en même temps, nul n'est à l'abri d'une surprise, fût-elle bonne ou mauvaise.

En attendant la surprise, et en espérant qu'elle soit bonne, je continue d'affiner la stratégie politique que j'appelle de mes voeux pour engager la Révolution. J'ai parlé d'un podemos/syrisa à la française. Je vais être plus précis. Nous pouvons, et devons, accomplir le grand écart suivant : Faire collaborer les gens de bonne volonté et de bon sens avec, d'une part, les extrême-gauchistes, et d'autre part, les extrême-droitistes. Pourquoi? Parce que ces gens ont un point commun, ce point commun est une revendication ULTRA légitime : En finir avec l'idolâtrie de la Dette. Il faut que ces gens collaborent pour faire chuter la Troïka européenne, et à sa suite la machine économico-politique globale ultra néolibéralisée, cette machine à fabriquer de la misère urbi et orbi. Comment? En leur proposant un horizon commun, un monde sans misère. 

Electeur du FN, vous avez peur pour votre Nation? Vous craignez la sodomie de l'étranger venu polluer votre code génétique? Plutôt que serrer les fesses en votant pour FN, contribuez à réunir les conditions pour que l'étranger n'ait plus BESOIN de venir habiter dans la même rue que vous, parce qu'il MANGE à sa faim chez lui. Pour ça, il faut de l'argent, beaucoup d'argent, énormément d'argent, pour aider au développement. Cela tombe bien, de l'argent, je l'ai dit, nous le savons tous, il y en a des quantités astronomiques. Il y a de quoi assurer la meilleure école possible, sur place, pour vos enfants blancs qui tiennent à le rester, et pour les enfants noirs et les enfants arabes partout dans le monde qui, eux aussi, ont besoin d'étudier pour gagner leur vie. Cet argent, on va le prendre.

Electeur du Front de Gauche vous faites confiance à Mélenchon pour mettre de l'ordre dans notre maison? Pas moi. Jean-Luc, je le prends, mais c'est moi le chef. 

Et toi, être humain en général, personne de bon sens et de bonne volonté, ne vois-tu pas que nous allons tous crever si tu ne réagis pas? 

Non, tu ne le vois pas très bien encore. Moi, je le vois. Je le vois parce que j'ai une particularité, mon dispositif empathique est branché sur le monde, et je suis tourmenté des tourments du monde, et je souffre de la misère du monde, et je sais que je vais crever si je ne change rien. C'est pourquoi il faut me suivre. Je suis l'homme monde. Je t'emmènerai là-bas, de l'autre côté de cette montagne, l'herbe y est plus verte, je te le jure sur ma tête d'homme monde, il faut me suivre, si tu me suis, non seulement tu ne crèveras pas, mais tu trouveras un pâturage que tu n'oses pas espérer à ce jour, une grande moisson de dignité, la nourriture dont tu as le plus besoin pour vivre. 

Il faut changer le monde pour pouvoir l'offrir à nos enfants!

Il faut le faire maintenant! 

22 juin 2015

Accident de parcours

A été publié hier soir, samedi 20 juin, à cette adresse http://rue89.nouvelobs.com/2015/06/20/suis-chauffeur-uberpop-jai-droit-dexister-259870 un article que j'avais écrit quelques mois plus tôt, au sujet de mon activité commerciale de chauffeur uberpop. Cela m'a accupé l'esprit depuis, je me suis notamment lancé dans une frénésie de commentaires, répondant à chaque agresseur, me hissant à son niveau, dans la basse-cour, et ce avec une immense délectation, tout heureux de faire étalage de ma verve. Je me suis finalement lassé de l'exercice au bout de 24h, mais ce fût très divertissant, et surtout, cet épisode nourrit mon projet de Révolution. Mon projet, c'est de faire le buzz. Il s'agit, dans les premiers temps de la notoriété, de recevoir des torrents de merde, dont pas un atome ne m'atteindra, étant donnée ma puissance de frappe réthorique sans commune mesure. Puis s'en suivra un silence de mort. Puis une voix s'élèvera pour dire "il a raison". Puis deux, trois, quatre, mille, un milliard, et ce sera la Révolution.

Enfin, c'est le projet.

Adviendra ce qui adviendra. En attendant, au moins à travers cet épisode uberpop, les réactions que j'ai pu observer, la réalité m'offre des gages, c'est le moins que l'on puisse dire. Mon projet, aussi démesuré soit-il, m'offre de nourrir la foi, l'espoir que je place en lui. Et je parie tout ce que j'ai, en me lançant à corps perdu dans la bataille, nu comme un vers. Nu comme un vers je vais, et de mes mains, des seules mains de mon intelligence, je terrasse l'illusion, j'esquisse la vérité au sein de l'Arène. J'en occupe pour l'instant un strapontin, mais bientôt, je serai disposé en son centre. C'est ce qui devrait, en toute "logique", advenir, à un moment où à un autre. Si je venais à me tromper sur ce point, ce ne serait ni la première, ni la dernière de mes erreurs d'appréciation des mouvements de la Réalité. Mais je place ma mise sur cette case, et je mise tous mes attributs de dignité. Et puis Aléa fera le reste. Inch Aléa en somme.

A part ça, à ce stade de mon récit, j'ai mille options de cheminement qui s'offrent à moi. J'ai pas mal de développement à faire à partir de ce que j'ai déjà écrit, mais ça, ce sera pour une étape ultérieure du parcours me semble-t-il, en attendant je dois poursuivre. Mais en prenant quelle direction, je ne sais pas encore. Du coup, je vais me servivr de ce chapitre pour lancer les thèmes en vrac, je me saisirai nécessairement de l'un deux le moment venu, et ainsi de suite. 

Voici les prochains territoires à explorer : Egoïsme, altruisme, vice et vertu, le sacré, même si j'en ai déjà dit pas mal, il faut développer, expliciter, notamment autour de la notion de Jihad Laïc : le combat contre l'illusion. Puis viendra l'homme et la femme, le blanc le noir et l'arabe, le chrétien le juif et le musulman. Il faut aussi que je parle de la mort, cette Terre Promise du Néant Magnifique. Ensuite, ce sera une succession de sujets de société et de politique : prostitution, euthanasie, drogue, pédophilie, homosexualité et parentalité, peine de mort, l'éthique dans le sport (car j'adore le sport sous toutes ses formes, tout jeu à enjeu, et c'est un sujet crucial car la civilisation a besoin de son cirque), et bien évidemment tout sujet politique lié au fonctionnement de nos institutions et de ceux qui sont à leur service (prétendu ou réel). 

19 juin 2015

Jouissance - liberté/bonheur et douleur

La civilisation occidentale post Deus Mortem a remplacé Dieu par le libre arbitre, l'argent, et tout cela, finalement, appartient au domaine de l'idolâtrie de la liberté. Or, la liberté n'est pas une idole digne de ce nom, la liberté est à placer au même rang que la valeur à laquelle elle correspond en réalité, la valeur jouissance. Oui, il faut jouir, oui, la vie ne peut, et ne doit, être que douleur. Mais la jouissance n'est pas la dignité. S'il n'y a pas de dignité sans trace de jouissance, la jouissance, telle le taux de cholesterol dans le sang, devient nocive au-delà d'un certain seuil. Elle devient le gras-double de l'esprit, venant remplacer la musculature de la dignité. Elle est l'obscurité où viennent se tapir les illusions, ici, à la lumière aveuglante de la jouissance, elles sont indétectables. Les illusions surviennent nécessairement, la question, c'est de savoir si elles sont détectées ou non. Or, je l'ai dit, elles ne sont détectées que dans la douleur. Il faut savoir jouir, certes, mais il faut surtout savoir payer de douleur. Une vie équilibrée comporte le bon taux de jouissance, et le bon taux de douleur. Alors, il n'y a pas de souffrance. Et dans un monde dont le taux de jouissance de ceux qui jouissent sera limité, et le taux de douleur imposé à chacun en fonction de sa faculté de production, il n'y aura plus de souffrance. Plus de souffrance sociale. Il y aura toujours souffrance passionnelle. Mais la souffrance sociale correspond à l'essentiel de la souffrance passionnelle que portent les êtres humains en ce XXIe siècle.  

La liberté est, et n'est que jouissance, parce qu'elle ne procède que du confort, le confort de ne pas subir d'entraves douloureuses. Qu'importe la nature de l'aspiration, du désir, du besoin, qu'importe la nature de l'entrave, c'est à leur confrontation, et à leur confrontation seule qu'à trait la liberté. La liberté n'est en aucune manière celle de déterminer la nature de l'aspiration, du désir, du besoin, de l'entrave. Cela, nous l'avons vu, c'est la machine humaine qui le détermine, au sein de son écosystème noologique, en fonction de son rôle, sa position, sa place dans le dispositif global. Aussi, la liberté chantée par les parangons de vertu est une putain, c'est une catain qui mérite ce nom malgré sa beauté, parce qu'elle fait croire à de l'amour, quand elle ne procure que du sexe. Il faut remettre la liberté à sa place de compagnon domestique de l'esprit, celui dont la présence appaise le quotidien, nourrit l'estime de soi, tant que cela se fait sans excès, tant que cela respecte les impératifs éthiques. 

Là où la liberté se révèle aussi précieuse qu'elle le prétend, c'est dans l'adversité scélérate, et dans l'adversité scélérate seulement, lorsque que l'on veut abattre une liberté qui ne fait rien de mal, conformément à la définition du bien et du mal que j'ai livrée. Alors, la liberté se dresse, et les coups portés par le glaive qu'elle manie, si elle en manie un quelconque, sont des coups portés au mal, comme un chien mord l'agresseur de son propriétaire innocent. Mais en dehors de ce cas de figure, la liberté doit rester dans sa niche, et filer droit sous les impératifs éthiques.

L'enjeu de la liberté, c'est celui de comprendre que s'il est une liberté, ce n'est certainement pas celle d'être talentueux, mais peut-être celle d'être loyal. L'enjeu de la liberté, c'est de se choisir les saints auxquels se vouer, en connaissance de cause. L'enjeu de la liberté est en réalité, donc, celui de l'intelligence, l'intelligence de servir des intérêts que l'on soit capable de revendiquer, par opposition à la médiocrité de servir des intérêts pourris, de quelque putréfaction qu'ils soient. L'être humain ne peut que servir, servir à quelque chose, il n'est rien d'autre qu'une abeille (éventuellement) intelligente, en mesure de sélectionner sa ruche, étant entendu, conformément à ce que nous avons discuté, que toutes les ruches sont celles de Dieu, mais que toutes ne sont pas celles du bien, loin s'en faut. Le paradoxe de la liberté de se choisir le bon saint est le même que celui du libre arbitre en général, il est le fait que, ce qui incline le choix, détermine la décision, c'est justement des facteurs "extra cogito", donc "extra libertas". Mais la bonne nouvelle, c'est que si l'on est loyal à ce qui le mérite, alors on est dans une dynamique vertueuse de vie, y compris sur le plan du talent. Le talent, c'est la dévotion, c'est à dire la faculté à développer de l'énergie dans un objectif donné. Cette énergie, une fois déployée, s'organise nécessairement de manière créative. La créativité, c'est avoir l'esprit disponible, sans les dysfonctionnements liés à l'illusion, dans la loyauté aux règles qui régissent la réalité que laboure et parcourt l'esprit dans le cadre de son activité. 

Le bonheur, c'est l'aboutissement de la liberté, c'est à dire l'absence parfaite d'entrave. Par conséquent, l'idéologie du bonheur est plus tarée encore que celle de la liberté. Je tempère, cela dépend de ce que l'on appelle bonheur. Si l'on entend par "bonheur" en réalité tout simplement "équilibre", alors oui, le bonheur est une nécessité pour laquelle il faut combattre, puisque cet équilibre entre jouissance et douleur, c'est celui que j'appelle de mes voeux. Mais si le bonheur ressemble à une carte postale hollywoodienne, il ne vaut pas le papier glacé sur lequel on l'imprime. Il y a éventuellement lieu de se demander s'il est possible d'être heureux sans être un imbécile, mais une chose est certaine, tout imbécile est heureux. Qu'est-ce que l'imbécilité? C'est un degré modéré d'illusion, modérément au dessus d'un taux convenable. L'imbécilité, c'est ne pas savoir que l'on ignore. Quand la débilité, c'est croire savoir ce que l'on ignore. Tout imbécile est heureux, car dans le monde qu'il s'est construit, il n'y a pas d'orage propre à l'ébranler. Ces orages existent pourtant, de toute nature. Le débile est susceptible d'être heureux, mais il est également susceptible d'être très torturé, pour voir le mal partout, y compris où il n'existe pas. Tout imbécile est heureux disais-je, mais le bienheureux est-il nécessairement un imbécile? Non, pas si c'est un bienheureux équilibré entre la jouissance qu'il possède, et la conscience de l'existence de la souffrance. Le bienheureux, c'est le passionné, l'investi, le comblé. 

Ce dernier peut s'avérer le pire des débiles, c'est en particulier le cas pour les self made men qui se gargarisent de l'orgueil de s'être fait eux-mêmes. Plus ils sortent d'une profonde boue, ayant atteint des sommets de prospérité/jouissance et/ou de gloire/pouvoir, plus ils sont susceptibles d'être débiles, de la débilité de croire qu'ils doivent leur ascension à leur libre arbitre, à leur liberté donc. Ces gens ne comprennent pas que la force qui les a mû, que l'énergie, sous quelque forme que ce soit, le talent, la passion, la réunion des deux, est une force, une énergie qui ne se décrète pas davantage que la force physique. Si nous vivions dans un monde où, pour récolter prospérité et recevoir gloire, il fallait soulever des troncs d'arbre, alors les mieux physiquement constitués seraient les prospères, les glorieux, et les chétifs, les "assistés", les "défavorisés". Le libre arbitre serait le même. La force, l'énergie dont se meut l'esprit, sa substance noologique, est tout aussi étrangère à la liberté que la substance biologique. Comme elle, elle appartient au règne d'Aléa, de la génétique, et à l'influence cruciale de l'environnement. 

Le libre arbitre a décidément la peau dure, qui me poursuit jusqu'ici. Va-t-il continuer encore longtemps? 

17 juin 2015

Dieu, Mythos et Logos, Réalité et réalité

La-réalité-existe

Mythos, c'est le regard de l'Homme sur Dieu à travers la religion (religere : ce qui relie), le sacré, celui qui définit le bien et le mal, c'est finalement le domaine de l'imaginaire. Logos, c'est le regard de l'Homme sur Dieu à travers la science. Il est temps de faire collaborer Mythos et Logos pour forger la représentation de Dieu et de l'Homme, car non seulement, nous le savons, science sans consience n'est que ruine de l'âme, mais encore, nous le comprenons à présent, conscience sans science n'est que ruine de l'esprit, ruine de l'Homme. Cette collaboration, c'est l'objet global de ma démarche, et le sujet particulier de ce chapitre. 

Mythos est soumis à la lois de Logos, dans la mesure où ce que dit Mythos, que Logos démente, n'a aucune valeur. Mais Logos est soumis à la loi de Mythos, dans la mesure où, ce que dit Logos, qui ne serve pas la richesse de Mythos, n'a aucune valeur non plus. Il faut faire danser Mythos et Logos, c'est leur chorégraphie qui esquisse la réalité, la vérité de la marche du monde, de Dieu, de l'Homme. Je vais me livrer ici à une libre exploration de la nature de Dieu, du Cosmos, et de l'Homme en son Sein, une exploration créative, où je m'efforcerai de toujours respecter le plus scrupuleusement possible ce qu'exige Logos, pour mieux nourrir et légitimer Mythos. A l'heure où j'écris ces lignes, il me semble qu'après ce chapitre, je pourrai, enfin, aborder de front notre époque, notre société et civilisation spécifique, et m'y consacrer entièrement, sur le terrain de l'éthique épistémologique et de la politique. 

Pour aborder les thèmes qui viennent, je dois passer par une mise au clair sur les derniers enseignements majeurs en date de Logos, au sujet de la nature de la nature. Ils concernent le territoire de la physique dite quantique, c'est à dire celle qui traite des phénomènes à échelle particulaire, à échelle de photon, d'électron, les plus petites entités de "matière" connues. Ces enseignements sont cruciaux, mais comme en matière de libre arbitre, il ne sont pas tirés. Je vais le faire ici. 

Si les enseignements de la physique quantique sur la nature de la nature ne sont pas tirés, c'est qu'ils sont dégrangeant et complexes à la fois, au point d'avoir cruellement piégé Einstein, l'incarnation vivante de l'intelligence de la civilisation occidentale. Voici comment et pourquoi Einstein s'est lourdement trompé, ce que le monde semble totalement ignorer : Lorsque sont apparues les premières théories en matière de physique quantique, on ne disposait pas encore de la technologie propre à observer l'activité individuelle des photons. On ne pouvait donc que spéculer sur leur nature. C'est ainsi qu'apparut une ligne de fracture entre ceux qui pensaient, en gros, que les photons répondaient nécessairement aux lois de la "matière" classique, et ceux qui leur prêtaient des propriétés exotiques. Les trois acteurs historiques principaux de cette controverse épique sont Schrödinger et Einstein dans un camp, et Bohr dans l'autre. Vaincueur par KO technique : Bohr. 

Au coeur de cette polémique notamment, la notion de matière. Est-elle, en dernière instance (c'est à dire incarnée par les particules) onde, ou corps? Bohr répondait qu'elle était les deux à la fois, Schrödinger, suivi par Einstein, prétendait qu'elle était nécessairement, soit l'une, soit l'autre. La réponse, c'est qu'elle est, en effet, soit l'une, soit l'autre, mais dans le sens inverse de ce qu'entendaient Schrödinger et Einstein, dans le sens que défendait Bohr. C'est à dire que la seule variable que nous connaissions pour déterminer quand, et si, la "matière" est "onde" ou "corpuscule", c'est... les modalités d'observation! Or, les modalités d'observation étant absentes de l'équation Schrödinger/Einstein, c'est Bohr qui l'emporte. Certes, Bohr n'avait pas prévu non plus les résultats à venir, mais sa proposition demeure beaucoup plus proche de la réalité : La particule est onde et corpuscule à la fois. 

Voici très exactement et très concrètement ce qui se produit, et que nous pouvons observer à présent que nous disposons de la technologie ad hoc. On projette un photon à travers une paroi qui comporte deux fentes sur la trajectoire du photon, les fentes de Young. Derrière ces fentes, derrière la paroi qui les comporte, une autre paroi vient recueillir le photon, qui termine ici sa course. Ainsi, l'on peut déterminer si le photon fût onde ou corpuscule, car l'onde et le corpuscule laissent respectivement sur la paroi finale, la trace qui leur correspond spécifiquement. L'onde se divise en empruntant conjointement les deux fentes, et laisse sa trace d'onde, le corpuscule passe par l'une des fentes, et laisse un impact de corpuscule. Oui mais voilà, cela se corse, quand on se rend compte que, les mêmes photons, lancés dans les mêmes conditions, s'avèrent, à l'issue, soit onde, soit corpuscule, en fonction du mode d'observation du processus. Absolument toutes les combinaisons ont été tentées par les chercheurs, nombreux, qui se sont penchés sur le mystère, le résultat est invariable, et schématiquement le suivant : si l'on observe le photon d'une quelconque manière avant impact, il est corpuscule, si l'on ne l'observe qu'après impact, il est onde. 

Qu'est-ce que cela signifie? Des esprits faibles, nombreux, sont tombés dans un piège anthropocentriste : le photon est intelligent, il s'adapte au contenu de la conscience humaine. C'est une stupidité, mais le problème, c'est qu'il n'existe aucune contre-proposition, autre que la mienne. Enfin, c'est un problème pour le monde en l'occurrence, pas pour moi. Mais comme je suis généreux, je fais cadeau au monde de ma contre-proposition. Elle est tellement plus intelligente... La raison pour laquelle le photon est double, c'est parce qu'il appartient à deux strates simultanées de la Réalité. Notre personne, notre conscience, n'en occupe qu'une seule. Voilà pourquoi je dote la Réalité de son R majuscule, car elle n'est pas quadridimensionnelle, mais pentadimensionnelle. Si Einstein nous as enseigné la nature de notre Univers quadridimensionnel à travers sa théorie de la relativité générale, il a refusé d'admettre, et le monde à sa suite, l'exsistence d'une cinquième dimension, que l'observation du photon nous prouve à présent.

Je m'explique : Le photon est à la fois onde et corpuscule, c'est à dire que sa réalité est à la fois onde et corspuscule, de façon paralèle, simultanée, mais ce que nous pouvons observer du lui, c'est une face seulement à la fois. Ainsi, selon la face de la Réalité que nous observons, déterminée par les paramètres retenus pour mener l'expérience, Réalité qui se transforme, par cette occasion, en réalité, en pénétrant notre Univers pour s'y figer, se fossiliser -  ainsi, selon la face que nous observons, nous voyons une onde, ou une particule. L'enseignement majeur c'est celui-là, la Réalité possède un compartiment qui échappe à la notion d'espace temps prévue dans la cadre de la relativité générale d'Einstein.  

Il y a un deuxième phénomène exotique de la physique quantique à examiner, celui de l'intrication. L'intrication, c'est la faculté, pour deux photons, de se jumeler, pour sceller un destin commun qui échappe à la contrainte normale de l'espace et du temps. Jumelez deux photons, envoyez-les en deux antipodes du Cosmos, ce qu'il adviendra à l'un, se répercutera parfaitement simultanément sur l'autre. Même si des milliards d'années lumière les séparent, alors que l'on croyait, jusque là, que "l'information" ne pouvait voyager plus vite que la lumière. Les scientifiques, à ma connaissance, refusent la notion d'information en matière d'intrication. Je leur demande de m'expliquer, alors, en quoi consiste l'information, si ce n'est en le processus par lequel s'exercent les lois de la physique, y compris celle de l'intrication, ni plus ni moins que les lois de la gravité et les autres. Si l'intrication n'est pas de l'information sans contrainte c, alors qu'est-ce que c'est? Le libre arbitre du photon peut-être? 

Décidément, l'Univers n'est pas tout à fait ce que l'on croyait, et voici la conclusion globale que j'en tire, voici ce qu'en dit Mythos sous le contrôle rigoureux de Logos : Le Cosmos est un Système, régit par des lois intra et extra quadridimensionnelles. Tout point topologique du Cosmos est suscpetible d'être en relation avec tout autre point, et ce, sur le même plan Espace Temps Universel, à travers les réseaux de communication hors réalité hic et nunc. Par réalité hic et nunc, je désigne l'aspect de la Réalité qui est réalité, celui auquel nous avons accès, en tant qu'êtres humains. Le Cosmos est gouverné par le "visible" et "l'invisible", deux aspects de la réalité qui correspondent au règne de Dieu.

Le Cosmos, c'est le Corps de Dieu, c'est son Cerveau. Est-il absurde de penser que Dieu "pense"? Non, ce n'est pas absurde, c'est probable! Pourquoi, parce que la pensée de l'Homme réside en des connexions au sein d'une machine biol-électro-chimique, ce qu'est le Cosmos dans son ensemble, c'est une formidable, une extravagante, une prodigieuse, un étourdissante et éblouissante machine bio-électro-chimique, avec, en son sein, l'Homme, lui-même une machine extravagante, prodigieuse, étourdissante et éblouissante. Formidable? Cela reste à prouver. Il y a du travail! L'Homme, c'est un électron dans le Cerveau de Dieu, et nous commençons tout juste à comprendre notre condition. L'homme, découvre les réseaux de Synapses et de Neurones qui parcourent le Cosmos, au sein desquels nous évoluons. Il y a cette matière noire, toute cette matière dont nous savons qu'elle éxiste, mais dont nous ne savons rien d'autre, parce que nous ne pouvons la voir pour l'instant, nous ne voyons que ses effets. Cette matière noire, elle est au Cosmos ce que la cervelle est au cerveau. Imaginez un électron qui se réveille dans notre cerveau, s'apercevant qu'il est électron dans un cerveau, et tâchant de l'explorer. Voilà ce que nous sommes dans le Cerveau de Dieu.

Et nous sommes soumis aux Vents et Marées du Cosmos, car Dieu Désire, Dieu a Besoin, Dieu Craint, Dieu Hait, et par-delà le temps et l'espace, au sein du Cerveau Cosmos, nous appartenons au Tout, comme l'électron propulsé dans mon cerveau appartient à mon esprit, à ma conscience. Et par-delà le temps et l'espace, nous subissons les grandes Ondulation du Cosmos, qui appartiennent à son activité comme vents et marées appartiennent à la météorologie, mais aussi à la psychologie. Ces ondulations, pour régir un Espace et un Temps si vastes que ceux que recèle le Cosmos, ne peuvent qu'échapper aux contraintes du temps et de l'espace, ou tout du moins par-delà c *. Pauvre libre arbitre de l'individu, pauvre de ceux qui y croient. 

Si libre arbitre il y avait, il serait collectif. L'ensemble de ce que nous sommes, à échelle du Cosmos, n'est pas davantage que l'électron à échelle de cerveau, et pour contribuer à faire fonctionner le cerveau, c'est à dire à faire fonctionner l'électron qui lui appartient, l'électron que nous sommes a besoin de comprendre le cerveau. Si libre arbitre il y a, alors c'est celui d'une société, d'une civilisation. Pourquoi? Parce que, si l'individu n'est que statistiquement fiable ou défaillant bien qu'il dispose des données adéquates et de la faculté de les manipuler, la société, la civilisation, elle, présente bel et bien une conformité stable entre sa production à son aspiration exprimée. Je suis en train de dire que l'individu est toujours susceptible de tricher, de se dissimuler, même aillant reçu la meilleure éducation, mais la société, la civilisation, elle, fera ce que son Mythe lui ordonne, à travers sa constitution, ses lois. Parce que l'individu est peu fiable, la conformité de la société a son dogme n'est pas absolue, elle est empreinte de chaos, fait l'objet de révolutions etc, mais globalement, elle délivre bien un résultat conforme à ses aspirations, y compris quand les aspirations changent. Il en résulte que la société/civilisation, si elle le décide, est capable de s'orienter vers les mécanismes qui produiront les effets escomptés, le combat contre le mal, la lutte en faveur du bien.  

Bien évidemment cependant, la société/civilisation n'est pas plus spontanément lucide que l'individu, c'est à dire qu'elle dispose des données sans les voir, sans les traiter. Pourtant, la ruche humaine est intelligente, une intelligence si prodigieuse qu'elle est capable de se réformer elle-même! Il faut utiliser cette intelligence, merde! Mon job, ici, c'est de provoquer un choc, c'est à dire produire une réaction, qui mettra en mouvement le projet. Cette réaction, elle sera le fruit de la comparaison entre le dogme au service duquel nous sommes soumis, et le dogme au service duquel j'invite le monde à se soumettre. Pour peu que tu aies compris que tu es, et seras esclave, veux-tu être l'esclave d'un Molosse putréfié jusqu'à l'os, ou d'une Nymphe aux mille beautés? Veux-tu être l'esclave de l'idée que tu te fais de Dieu Grand, Beau et Protecteur, ou l'esclave des démons qui s'arrachent sa Chair? Oui, Dieu combat, Dieu combat contre Dieu, comme l'individu humain combat contre lui-même. Et j'ai envie de te dire, camarade, choisis ton camp. Mais ce serait oublier qu'il n'y a pas de libre arbitre, et que si tu choisis de me suivre, ce sera par la force du vent qui m'emmène à toi.  

 

* c = la vitesse de la lumière

15 juin 2015

Théorie de la relativité générale du libre arbitre

L'intitulé de ce chapitre, en forme de clin d'oeil à Einstein que j'aime beaucoup, par ailleurs, descendre de son piedestal pour son illusion en matière de physique quantique (discussion à suivre), et parce que Dieu, précisément, joue aux dés comme je l'ai illustré, l'intitulé de ce chapitre ne doit pas porter à confusion. Si le temps et l'espace, qui étaient censés être absolus, se sont avérés relatifs, mais existent toujours bel et bien, le libre arbitre lui, passant d'absolu à relatif, disparaît complètement. Le libre arbitre est un arbitrage, certes, mais pas libre du tout. Si la lumière qu'était censé émettre un avion s'avère celle d'une étoile, l'avion disparaît complètement. Tel est le destin du libre arbitre. 

Pour attaquer les fondements du concept de libre arbitre, il faut d'abord les désigner. Qu'est-ce qu'est censé incarner le libre arbitre? Il est censé incarner la souveraineté de la conscience, notamment sa souveraineté sur elle-même. Le libre arbitre exprime l'idée selon laquelle la conscience dispose de la liberté d'échapper aux contingences diverses et variées auxquelles elle est éventuellement soumise, en forgeant elle-même sa substance. C'est l'idée que la conscience produit sa substance en conscience, en un lieu où s'exerce sa souveraineté absolue. Le libre arbitre cependant, présente une confusion congénitale : l'erreur, la faute, est-elle le résultat de l'absence de l'usage du libre arbitre, ou est-elle le résultat d'un mauvais usage de ce dernier? Les deux propositions sont aussi absurdes l'un que l'autre, mais elles se gènent mutuellement. Pourquoi le libre arbitre choisirait librement de ne pas se mobiliser, et pourquoi, s'il est libre de choisir le vrai, le bon, choisit-il le faux, le mauvais? Pour satisfaire la cruauté de Dieu?

La conscience ne recèle aucune propriété propre à élaborer, en son sein, la substance qu'elle abrite, pas davantage que le nombre trois ne présente l'aptitude à se diviser en deux unités égales qui, mutlipliées par trois, atteignent le nombre trois. Cela ne se peut pas, pourquoi? Parce que le libre arbitre implique la notion de choix/décision, et que le choix/décision implique la connaissance de cause ; pour pouvoir se légitimer, le libre arbitre doit disposer des données utiles et indispensables à traiter dans l'optique de la décision, pour exercer son choix. A moins que l'on veuille loger le libre arbitre dans la moindre manifestation consciente, mais alors à quelle forme de liberté faut-il associer l'arbitrage qui préside à son expression? Avoir chaud, froid, faim, soif, joie, peur, colère, haine, besoins et désirs, et l'exprimer sans réflexion préalable particulière, les réactions immédiates et spontanées en tous genres, est-ce cela que l'on entend par le libre arbitre? Non, prenons l'hypothèse, plus complexe, selon laquelle le libre arbitre est censé incarner ce qui peut échapper au chaud, au froid, à la faim, à la soif, la joie, la colère, à la haine aux besoins et aux désirs. Ce qui peut y échapper, si, et seulement si le libre arbitre se mobilise! Selon quel type de causes? Voilà un autre problème. Et une fois mobilisé, attention, le libre arbitre peut encore se tromper comme quoi, décidément, il ne faut pas trop s'y fier. Bref, passons, prenons cette hypothèse donc, selon laquelle le libre arbitre représente, en somme, l'expression la plus noble de la conscience, quand cette dernière dispose des données dont elle a besoin pour faire les choix, prendre les décisions qui lui reviennent, et quand elle se mobilise dans cette optique. 

Nous obtenons ainsi :  libre arbitre = choix/décision = données et conditions requises. Or, cette équation présente un gros problème de nature logique. Ce qui est requis, c'est ce qui n'est pas la liberté. Ce problème, c'est le suivant : la conscience, par définition, ne peut disposer de la faculté, ni de s'emparer de données utiles, ni de se mobiliser délibérément.

1) La conscience ne peut solliciter les données dont elle ne dispose pas, parce que le propre de ce qui n'est pas conscient, c'est de ne pouvoir le devenir sous l'action de la conscience. Si j'ignore, à un instant T, telle donnée, je ne peux, en conscience, convoquer cette donnée, dont le propre est, précisément, d'échapper à la conscience. Cette donnée peut, ou pas, faire irruption dans la consience à un instant Tx. Elle peut le faire sous l'effet de la concentration, ou de manière tout à fait fortuite, comme elle peut échapper à la concentration, et à l'aléa de l'activité cérébrale qui propulse les données dans la sphère consciente. Mais quoi qu'il en soit, ces données, parvenues à la conscience, n'ont pu être choisies par la conscience, qui ne peut que les appeler, avec ou sans succès, et sans, par conséquent, la liberté d'en jouir. Par ailleurs il se trouve qu'une conscience qui appelle des données, c'est une conscience qui dispose des données nécessaires à la compréhension du manque de données, or ce sont ces données les plus cruciales, et elles échappent autant que les autres à la faculté, pour la conscience, de les convoquer.   

2) C'est pour les mêmes raisons que la conscience ne peut choisir de se mobiliser ou de sommeiller. Ce qui mobilise la conscience, c'est un stimulus. Un stimulus peut mobiliser la conscience, ou éventuellement ne pas y parvenir, mais dans les deux cas, la conscience n'aura pas choisi l'issue. Le propre d'une préoccupation, de l'objet d'une réflexion, d'une activité consciente en général, c'est d'être suscitée par des facteurs qui, eux, échappent à la conscience. Certes la concentration, là encore, peut appeler le stimulus - "à quoi faut-il que je réfléchisse pour bien réfléchir?" - mais l'objet de la concentration, in fine, ne peut être déterminé par la conscience, car s'il est étranger à la conscience, il ne peut, par définition, être sollicité consciemment. Etre en mesure de chercher sur quoi focaliser son attention, c'est déjà avoir l'attention mobilisée. Le propre de ne pas prêter attention à ce qui requiert pourtant l'attention, c'est, pour la consience, l'inconscience d'avoir à se mobiliser, en donc la non jouissance de la liberté de le faire. Le libre arbitre, la conscience ne peut ni se mobiliser, ni d'ailleurs se démobiliser. Certes, on peut tenter de se relaxer, par exemple, mais là encore, le succès ou non de cette démarche ne dépend d'aucune liberté d'arbitrage conscient.    

On peut essayer de sauver le soldat libre arbitre en amendant sa liberté. D'accord, il n'a pas la liberté des données et conditions requises, mais il a la liberté de s'exercer à l'intérieur des données et conditions héritées. Cet ersatz de libre arbitre contentera peut-être ceux qui ne comprennent pas la différence entre un mort et un vivant (voir les parents de Vincent Lambert et les illuminés comme François Bayrou qui légitime leur macabre frénésie), mais les sains d'esprit comprendront que le libre arbitre ne peut correspondre à aucune autre réalité qu'à l'aléa - l'expression d'Aléa au sein du dispositif noologique humain de l'individu. Le même Aléa s'exprime dans toute la noosphère, aussi bien à échelle collective qu'individuelle.

L'être humain ressent, en premier lieu, et de cette substance affective émerge une substance cognitive, qui offre à la première une construction de type Logos pour l'incarner, pour la rendre communicable. Une construction de type Logos, cela signifie une construction qui s'incarne dans le langage. Par langage, j'entends tout ce qui est traduisible en signe, quelle que soit la nature du signe, quelle que soit la nature du langage. De l'énergie de la substance affective, de l'organisation de la substance cognitive, découle le comportement, partie "visible" de l'activité noologique, celle qui réside dans l'action, quelle qu'en soit la nature, y compris de type récréative. L'être humain, ne pense et n'agit que parce qu'il ressent, la substance affective est au dispositif noologique humain ce que le vent est aux ondulations de la mer. 

Par quoi l'action peut-elle être motivée si ce n'est par la substance affective qui l'exige? Cette substance peut appartenir au domaine du désir, au domaine du besoin, de l'attraction ou de la répulsion. Le besoin est un désir impérieux, l'attraction est de même nature que la répulsion, ce sont les deux polarités du même courant. Quant au devoir, ce n'est qu'un besoin dissimulé. Si je me casse les reins par devoir, c'est parce que ce devoir m'est plus nécessaire que le loisir, le répit, le repos qu'il empêche, c'est donc un besoin. Ce besoin consiste aussi en la répulsion pour le lâcher prise, ou la remise en cause, aussi bien à tort qu'à raison, à tort si la machine cède sous la pression, à raison si elle se maintient en état de fonctionnement et que les enjeux, légitimes, exigent qu'elle fonctionne à un tel régime périlleux. Or cette source d'énergie, qui motive au sens propre le comportement, qui meut la machine humaine, nul ne peut prétendre avoir accès à son contrôle. Nul ne peut prétendre choisir ce qu'il ressent. On peut adhérer à ce que l'on ressent, ou le rejeter, mais pas le choisir. Or, si l'on adhère à ce que l'on ressent, c'est que l'on ne dispose d'aucune donnée qui impose de le rejeter, et si l'on le rejete, c'est, là encore, sous l'effet d'une nécessité elle-même de nature affective. Le rejet de la substace affective, par l'individu, lorsqu'elle se présente à lui, est le résultat de la pression d'une autre substance affective, contradictoire. Je désire ceci, mais je dois cela qui ne m'autorise pas à le désirer. J'ai besoin de ceci, mais j'ai aussi besoin de cela qui est contradictoire avec ceci. Je dois ceci, mais j'ai besoin de cela qui m'empêche de remplir mon devoir. 

Lorsqu'un conflit survient au sein du dispositif noologique de l'individu, ce n'est nul libre arbitre qui affronterait je-ne-sais-quoi. C'est ce qui se produit lorsqu'une pression rencontre un rempart. Or on ne choisit ni la nature de la pression, ni son intensité, ni la nature du rempart, ni sa solidité. La pression, c'est typiquement celle du désir et/ou du besoin, le rempart, c'est celui du devoir, notamment de la peur qu'il développe pour se faire respecter. Or, on ne peut évidemment pas choisir ce que l'on désire, ce dont on a besoin, mais on ne peut évidemment pas, non plus, choisir ce que l'on respecte et l'on craint. C'est seulement que, le désir, le besoin, lorsqu'il ne rencontre pas de contradiction particulière, ne suscite aucune défiance propre à déterminer qu'il n'a pas été choisi. Quant au rempart, lorsqu'il ne rencontre pas de pression trop violente, il ne présente rien, non plus, qui puisse en rendre l'existence encombrante. Tous deux, désir et rempart, sont hérités. Le désir ou le besoin est hérité des circonstances, nombreuses et complexes qui le suscitent au moment où il se présente, ou qui en font une donnée pérenne. Le rempart est hérité du parcours, de l'éducation, de l'expérience, de l'environnement en général, des données tout aussi nombreuses et complexes, dont aucune ne relève du moindre libre arbitre. Notons que le rempart peut s'avérer lui même un désir/besoin, et vice versa. Par exemple, je veux le tuer, mais j'ai peur des conséquences en tout genre, en particulier de la répression dont je ferai l'objet. Il y a désir/besoin dans les deux camps, désir/besoin de tuer, désir/besoin de se protéger. Certes, la notion de protection évoque davantage le rempart, or tout devoir relève en dernière instance du besoin de préservation. Toujours est-il que l'affrontement entre la pression et le rempart tourne en faveur du plus fort. Lorsque les deux sont puissants, leur affrontement entraîne des manifestations potentiellement très profondes, jusque, éventuellement, des phénomènes de type "burn out". Lorsque les deux s'annulent, il en résulte une paralysie, une paralysie éventuellement sous haute tension, sous l'effet de la pression. En cas de victoire de l'une des deux parties, résulte le comportement, l'action qu'elle exige.  

Il n'y a aucune place, dans l'analyse de la nature de l'activité humaine, pour un quelconque libre arbitre autre que l'aléa. L'aléa, comme toujours, s'exprime dans la réalisation du cahier des charges. Je vais m'emparer de ce bien, j'élabore la stratégie ad hoc. La stratégie seulement, pas l'objectif, voilà l'expression éventuelle du libre arbitre, si l'on admet la nature de cette liberté. La même liberté qui dispose le fruit de l'arbre en tel ou tel point de la branche, avec telle et telle qualité propre. Aléa s'exprime dans tous les compartiments du comportement, quoi que je fasse, j'ai un panel d'options disponibles, et un choix s'opère à l'intérieur de ce panel, tel est le libre arbitre, qui par conséquent, n'en est pas un. Aléa n'est pas seulement un bourreau, c'est aussi un noble ouvrier, et la noblesse de son ouvrage réside en toute forme de création conforme aux exigences de l'éthique, à commencer par l'art. Je ressens ceci, je vais le brosser, le jouer, l'écrire, le danser, le filmer, le sculpter, l'incarner comme cela. Mais même en matière d'art, Aléa ne joue qu'un rôle limité, car l'art est comme le reste, le fruit de données affectives et cognitives réunies dans une équation, or ces données, nous l'avons vu, nul ne peut en choisir la nature, elle ne peuvent qu'être héritées, quelle que soit la nature de l'héritage, purement "inné", ou purement "aquis".    

Qu'est-ce que l'inné, qu'est-ce que l'acquis? L'inné, c'est ce que son patrimoine génétique offre, comme qualité et/ou défaut. Sauf erreur, pas de libre arbitre pour choisir ses gènes (ai-je manqué une étape au moment de ma conception?) L'acquis, c'est ce que l'on prend de son environnement, à travers l'exercice de la vie et ses différents compartiments, familiaux, sociaux, les différentes activités d'apprentissage, d'ouvrage et de jeu. Or, ce que l'on prend de son environnement dépend évidemment de la nature de l'environnement, mais dépend aussi de la nature génétique de la machine qui les traite. Une chose est certaine, le libre arbitre n'intervient pas davantage dans le choix de l'environnement, que dans celui des gènes. On ne choisit ni ceux, et ce, qui nous entoure, ni les conditions pour, éventuellement, en changer. Car évidemment, tout cela est très mouvant, un mouvement qui correspond à l'activité d'Aléa. Aléa est le seul à pouvoir revendiquer cette liberté. 

Si le libre arbitre n'existe pas, ce qui existe, en revanche, c'est différents stade de complexité du traitement des données qui parviennent à la consience. L'être humain est une machine humaine, et cette machine est régie par un logiciel, qui est au logiciel informatique ce que le corps est aux mécanismes du robot. C'est à dire que les mécanismes (les systèmes) sont à l'oeuvre dans le corps humain et celui du robot, ils sont aussi à l'oeuvre dans la conscience, dans l'esprit en général, comme en informatique. Ce qui varie, c'est la nature - et encore, dans une certaine mesure, car nous avons vu qu'à la fin, tout est électrons et leurs éventuels noyaux - et le degré de complexité du mécanisme, du système. La conscience ne déroge pas à la règle. Plus les données dont elle dispose sont complexes, plus le résultat du logiciel sera complexe, et donc apte à saisir et restituer la réalité à laquelle il s'intéresse. Ce qui forge, élabore le logiciel humain, c'est l'exercice de la vie. Il se façonne à mesure qu'il exerce. Il est le fruit, lui aussi, du patrimoine génétique et de l'environnement au sein duquel il évolue (la patrimoine génétique devant être considéré comme partie de l'environnement de la conscience, puisque c'est le fruit de la rencontre entre Aléa et le plus proche environnement biologique du corps, les géniteurs). Il ne répond à aucune forme de libre arbitre.

Le logiciel humain correspond à l'instance de l'esprit, à fortiori de la conscience, qui gère les données disponibles, c'est à dire la substance affective et cognitive. C'est celui qui produira les résultats de toute problématique, de toute équation, quelle qu'en soit la nature. Il est donc crucial qu'il soit de bonne qualité. Or, ce logiciel présente deux "étages" ou "compartiments" dans son fonctionnement. Le premier étage correspond à la faculté d'appréhension des données, le second à leur faculté de traitement. La faculté d'appréhension correspond aux capacités cognitives classiques, par exemple, suis-je capable de comprendre ce texte, c'est à dire d'en restituer le contenu sous une autre forme? La faculté de traitement correspond à la faculté d'exercer l'esprit critique, la remise en cause. Or, ce qui se produit lorsque le premier compartiment est défaillant, c'est que le second l'est aussi, évidemment, mais d'une façon particulière, cela donne un esprit critique taré dans la mesure où il se choisira un vrai plus faux encore que le faux qu'il a rejeté. Il est un point commun aux esprits les plus misérables et les plus éclairés, c'est de trier le vrai du faux. Or, des capacités cognitives réduites, cela favorise tout naturellement l'erreur, c'est à dire l'illusion. Pour voir ce phénomène illustré, il faut parcourir les commentaires des différents articles traitant des sujets de société/politique sur la toile. Il consistent en un massacre en règle de la langue française, tout à fait proportionnel à la débilité des thèses défendues. Par ailleurs, l'être humain a un irrepressible besoin, quand il a trouvé du mal, de trouver le bien qui va avec. Or, il est tâche aisée, même à l'esprit le plus misérable, de se trouver un mal, mais ériger un bien, c'est beaucoup, beaucoup plus difficile. Il en résulte que, le premier bien trouvé est le bon, aussi mauvais soit-il. Or l'offre en illusion est riche, très riche, et très diverse, foisonnante, d'autant plus que la pensée "dominante" l'est de moins en moins. Les moins de trente ans ne regardent plus la télé. Ils ne sont plus exposés aux conneries qu'on leur raconte à la télé, mais le sont de plein fouet à la merde que charrie le net. Je dis que l'ignorance est mère de tous les vices, mais l'érudition de fait que multiplier ce vice, sous l'effet de l'illusion.

Le point commun à l'ignorance et à l'érudition viciée, c'est l'absence de résistance du logiciel à un phénomène qu'il est indispensable de comprendre, et que vous ne trouverez expliqué nulle part ailleurs que par ces lignes : Les données cognitives sont soumises à une force de type G, non pas seulement sous l'action de la vitesse physique, mais aussi sous l'action de la substance affective. Plus cette dernière est forte, plus elle dégage d'énergie, plus les données cognitives en présence sont susceptibles de subir des défauts de traitement. Or, tout sujet crucial est aussi un sujet sensible. Les grands penseurs, quand ils ne se trompent pas eux-même lourdement, sont des esprits qui ont produit, à la fois grâce et malgré les G, une équation solide. Les G, c'est la pression du désir, de la peur, de la colère, de la haine, de l'amour, de la répulsion et de l'attraction. Les G, c'est le stress, sous toutes ses formes, conscientes et inconsientes. Le stress inconscient, c'est quand on ressent quelque chose de fort, mais que l'on n'intègre pas cette donnée dans sa représentation de soi et du monde, parce que l'on refuse de l'admettre, (ou) parce que l'on ne sait pas l'identifier. Or l'érudition ne protège nullement des G, car l'érudition ne concerne que le premier compartiment du logiciel, la capacité d'appréhension des données. Or, c'est seulement en vertu du second compartiment du logiciel, la remise en cause, que l'on peut s'apercevoir de son erreur et la corriger, ou simplement éviter l'erreur sous l'effet de l'attention portée malgré l'adversité. Or l'érudit, repu de son érudition, est peu enclein à la remise en cause la plus fondamentale, et les erreurs qu'il produit sont les plus fondamentales, les plus dramatiques, les plus éloquentes. L'antidote? L'humilité. L'érudition ne sert à rien si elle ne suscite pas l'humilité. Elle est, au mieux, bavardage, au pire, vice cruel en puissance.

Le logiciel humain est au logiciel informatique ce que la machine biologique est à la machine artefact, je l'ai dit. Ce qui singularise le logiciel humain, par rapport au logiciel informatique, ce n'est pas son compartiment cognitif, mais son compartiment affectif. Le premier ne traite pas seulement des données traduisibles en signes, il traite aussi la substance affective pure, dont nous avons vu qu'elle motive la substance cognitive. Pour ce qui est des données cognitives, le logiciel informatique fait le même boulot que le logiciel humain. A telle enseigne qu'il existe déjà, bien connus des musiciens, des logiciels informatiques capables de générer des mélodies dans le style des improvisateurs de jazz emblématiques. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne produise des symphonies dans le style tel ou tel grand compositeur. Quand l'être humain aura crée un logiciel qui ressent, il aura crée un esprit d'une nouvelle nature, avec un libre arbitre qui n'en est toujours pas un. Or, qu'est-ce qu'un logiciel qui ressent, c'est un logiciel dont les circuits sont de nature biologique. Le cerveau produit de l'affect, parce que l'activité des électrons qu'il organise se développe au sein d'un circuit consitué de neurones et autres synapses, qui eux-mêmes sont constitués de substance organique. Tel est le prochain grand saut dans la technologie, celui des biotechnologies. A terme, cela donnera nécessairement naissance à des êtres hybrides, mi "électroniques" mi "organiques", plus performants que l'être humain pour traiter les données cognitives, et sujets, comme lui, à la substance affective. Pour l'instant, les recherches qui vont dans ce sens ont déjà abouti à l'amélioration des performences cognitives de grands singes, par l'intervention d'un dispositif électronique au sein du cerveau. En effet, l 'erreur de computation du logiciel organique consiste ici en une faiblesse de signal ; le même signal, assez puissant, entraîne le bon résultat, quand il entraîne l'erreur en dessous d'une certain seuil. Une puce électronique amplifie ce signal, et le délivre directement au réseau neuronal chargé de le traiter avec des résultats impressionnants (je ne retrouve plus les références de ces travaux, mais je les incluerai quand j'aurai remis la main dessus).  

Pour conclure cette théorie, je dois revenir sur ce que je disais en préambule ; si le libre arbitre n'est pas (encore tout à fait) une affaire de science, la science actuelle n'est pas sans éléments relatifs au libre arbitre. Loin s'en faut. En fait, l'argument le plus éloquent en faveur de la thèse de l'illusion du libre arbitre est de nature scientifique! C'est le plus éloquent, parce que le plus empirique, parce que le plus incarné, incarné dans l'implacable réalité des données électriques. Je fais allusion aux recherches de Benjamin Libet, reprises et significativement développées par Patrick Haggard. Ces recherches s'intéressent au lien entre l'activité cérébrale, c'est à dire l'activité des électrons au sein du circuit cérébral mesurée grâce aux technologies d'imagerie dédiées, et les manifestations de choix/décision. Libet a isolé ce qui caractérise la prise de décision, face à un choix offert au sujet. Cette imagerie cérébrale de la prise de décision, elle est caractérisée, c'est à dire que l'on peut affirmer, sur la foi de l'image, la nature de la décision. Or, Libet a remarqué que cette prise de décision est précédée, chronologiquement, par un stimulus qui, lui aussi caractérise la future décision, et qui, lui, se produit hors champ de la conscience, avant l'intervention de cette dernière.  En bon soldat du libre arbitre, Libet en avait conclu que ce dernier résidait en un droit de véto de la conscience à l'encontre du stimulus. Mais le prolongement de Haggard vient invalider cette hypothèse désespérée. Ce dernier établit que, lorsqu'un véto se produit, un changement d'option "de dernière minute" (d'une dernière fraction de seconde) il est lui-même le fruit d'un stimulus ad hoc. La conclusion à tirer ne laisse place à l'ambiguité; la prise de décision est déterminée par un stimulus extra cogito, en d'autres termes, le libre arbitre n'existe pas. Nous le voyons avec nos yeux, comme nous voyons la terre tourner autour du soleil, la science nous offre cet immense privilège. Mais nous n'avons pas encore tiré les enseignements de ce que nous voyons pourtant, et que Haggard reconnait bien en tant que tel. C'est que le libre arbitre a la peau aussi dure qu'elle est profonde et ancienne, une peau d'illusion, des cellules mortes qui bientôt, se désagrégeront. 

La peau du libre arbitre, je crois l'avoir eue ici. J'avais envisagé de multiplier les exemples et les illustrations, mais j'ai la flemme. Je crois avoir fait le job. Si le libre arbitre revient m'emmerder, je ne manquerai pas de le rosser à coups de tatane, encore et encore, jusqu'à ce qu'il dégage une bonne fois. Pour l'heure, je reviens sur Dieu, conclure la première étape de mon récit.  

(ajouts du 20 juin : j'ai oublié de discuter plus explicitement le lien décision-résultat, je mettrai à jour le chapitre à l'occasion)

11 juin 2015

Le libre arbitre et la machine humaine

J'ai largement condamné le libre arbitre au cours des lignes précédentes, il était temps de l'accuser. En matière de procédure judiciaire, pour ce qui concerne les représentations, il y a plus de place au chaos qu'en matière de justice chargée de juger les personnes qui les portent. La justice, d'ailleurs, ne devrait juger que les représentations, et non les personnes qui les portent, puisque le libre arbitre est une illusion. Je reviendrai à la justice et son expression institutionnelle, mais cela pour dire que si j'ai commencé par Dieu, c'est qu'il fallait bien commencer quelque part. Si j'avais commencé par fournir l'instruction contre le libre arbitre, j'aurais dû condamner l'athéisme, l'agnostisme et la mythologie monothéiste avant de les avoir discutés. C'est toute la limite de la linéarité du verbe, une limite à laquelle je suis particulièrement confronté, moi qui ai besoin d'expliquer A, qui ne peut se comprendre que grâce à B, qu'il faut expliquer par A et C, qui eux-mêmes requièrent B pour être compris et ainsi de suite. Voilà pourquoi je procède par aller-retour constant. A présent, je vais m'arrêter longuement sur le libre arbitre. Je reviendrai clore le chapitre Dieu par la suite.     

Comprendre l'illusion que représentre le libre arbitre, c'est principalement comprendre que l'être humain est une machine. Ô je vois bien votre sang affluer au visage, vous, légions, qui croyez en la noblesse de votre âme comme des précieuses ridicules. L'être humain est une machine, la plus complexe, la plus prodigieuse qu'il nous soit donnée d'observer, une machine qui ressent, et qui pense. Vous vous esclaffez, parce que votre représentation de la machine est aussi misérable que son artefact d'acier et de plomb. Apprenez que la machine, c'est l'expression physique la plus complexe du système. Le terme de système s'est déjà largement signalé au cours de ce récit, mais je vois ici l'occasion de l'examiner plus explicitement. Pour comprendre pourquoi et comment tout est système, il faut lire Edgar Morin, tout y est expliqué. Je vais, ici, brosser brièvement le concept. Un concept clé, mais si bien discuté et exposé par les intellectuels concernés (pour une fois) que ma tâche est superficielle, bien que révolutionnaire.

Le système, c'est le mode opératoire de la Physis. En d'autres termes, tout ce que l'on peut observer, appréhender, examiner, qui réside en une manifestation physique donnée, relève du système. Le système présente notamment cette particularité qu'il est, lui-même, constitué de systèmes. Le système est constitué de parties, elles-mêmes systèmes, et l'ensemble de ces parties forment un tout que l'on ne peut réduire à la somme des parties, un tout que les épistémologistes appelent système. L'atome est un système, constitué de parties, un noyeau, fait d'un proton et d'un neutron, dont le couple forme déjà un système, ajouté des éléctrons qui gravitent autour de lui, au sein d'un immense vide, dont le tout forme un atome, qui ne saurait se réduire à la somme d'un proton, d'un neutron et de quelques électrons, mais inclue la façon dont tout cela est organisé. Et les atomes, ces systèmes, forment des molécules, des systèmes d'atomes. Et les mêmes atomes donnent l'air, la terre et le feu, la pierre et la peau, le système solaire et le système cardiovasculaire, le Cosmos et le cortex humain. 

Le système, disais-je, présente la propriété de résider en un tout, qui lui-même, ne "réside" dans rien, ou plus exactement, rien de "matériel", rien qui ne se signale par une quelconque phénomènologie, autre que le phénomène de son existence à posteriori, une existence qui s'impose par la réalité de l'activité à laquelle elle correspond. Prenons l'exemple de la cellule dite vivante. Elle est porteuse des gènes qui, au travers de l'ADN, dictent sa conduite. L'ADN incarne effectivement physiquement, en l'espèce, le tout dont la cellule est partie. Mais pris individuellement, les atomes qui forment cette cellule ne montrent aucune propriété particulière, leur comportement d'atome, au sein de la cellule, est le même qu'au sein de la pierre. Le tout, seul capable de justifier, et non la somme des parties qui le constituent, que le même atome puisse servir au cortex ou à l'astre lunaire, ne réside dans aucune "matière". En ce sens, il incarne de manière éloquente le concept Dieu. Dieu est le Tout que constitue l'Ensemble des parties, et chaque système, chaque système dans le système, de cet ensemble de systèmes incommensurable d'éternité quoique fini en espace et en temps qu'est le Cosmos, est l'expression de Dieu. 

Le saut de complexité de système qui correspond à la biosphère, est un saut vers la réduction du rôle d'Aléa dans le système. Le déterminisme devient beaucoup plus frappant à l'échelle de cellule qu'il ne l'est à échelle d'atome. Les électrons n'ont d'existence physique que statistique, leur course folle autour du noyeau est livrée au chaos et au vide. Mais ces mêmes électrons servent pourtant de pierre à l'édifice biologique, et quel édifice, édifice qui se construit sous la dictature de l'ADN, et la légère inflexion d'Aléa. 

J'en reviens à l'être humain. C'est d'abord une machine biologique. Une machine physique certes infiniment moins massive qu'une machine telle l'astre solaire, mais prodigieusement plus complexe, de la plus grande complextité biologique. C'est une machine biologique constituées de machines tels les organes, et de systèmes en tous genres, en vertu desquels s'activent les cellules. Cette machine, possède, c'est le cas de le dire, un cerveau. Ce cerveau présente une extension, le cortex, au sein de laquelle se produisent les manifestations physiques correspondant à l'activité noologique. En clair, le cerveau humain produit de l'esprit, de la conscience. Cet esprit, cette conscience, c'est ce qui fait de la machine humaine la machine la plus prodigieuse qu'il nous soit donné de connaître, ce n'est pas ce qui en fait une créature échappant à la "matière", elle est "matière", ni plus ni moins que le soleil, l'eau l'air et la terre.

L'être humain est une machine, et cette machine, comme toute machine biologique, est dotée d'un cerveau pour en régir le comportement. Le cerveau est lui-même une machine, et cette machine produit une substance noologique. Cette substance noologique est d'abord affective. L'être humain est peut-être la créature biologique qui ressent le plus, car l'on peut supposer que l'affect est d'une complexité proportionnelle aux capacités cognitives, mais il est bien évident que ce n'est pas la seule à ressentir. Il est tout naturel d'estimer que ressent toute créature qui exprime ce qu'elle ressent, or les animaux expriment un panel affectif aussi vaste qu'ils disposent de capacités cognitives étendues. Pour ce qui est des capacités cognitives, on ne cesse, chaque jour, de découvrir à quel point celles des mammifères, y compris marins, sont étendues. Les plus performents d'entre eux sont capables d'exécuter des tâches d'une grande complexité, complexité à l'image de leur comportement. Mais l'être humain, bien évidemment, présente les capacités cognitives les plus étendues, et de loin, du règne mammifère. S'interroger sur la substantifique singularité d'Homo dans le règne mammifère, c'est s'interroger sur la nature de la conscience, plus que sur celle de l'esprit. L'esprit c'est ressentir et concevoir, la conscience, c'est ressentir et concevoir à un stade affectif et cognitif singulier. Cette singularité n'est aucun libre arbitre, car la conscience n'est pas ce qui forge l'affectif et le cognitif, mais ce qui émerge de leur activité porté à un certain seuil.  

La conscience est au cerveau ce que la flamme est au combustible qu'elle embrase. Elle l'embrase quand la "matière" atteint un certain seuil d'activité, en l'occurrence de température (l'augmentation de température n'étant rien d'autre que de l'augmentation d'activité). Il en va de même pour la conscience et le cerveau, la première émerge lorsque le second atteint un certain seuil d'activité. En l'occurrence, l'activité d'un cerveau, c'est des électrons qui empruntent des réseaux biologiques, incarnés par les neurones et leurs synapses. L'activité de la matière qui s'embrase est constituée, pour les électrons qui le constituent, de circuits infiniment moins déterminés, c'est à dire complexes que ceux du cerveau. Mais l'origine, la nature primaire de l'activité est la même. Cette analogie a des limites cependant. D'abord, la pensée ne consumme évidemment pas le cerveau, mais surtout, la conscience est une tierse entité, distincte des électrons qui en suscitent l'émergence, alors que la flamme est une autre trajectoire des mêmes électrons qui constituent son milieu. La conscience, et l'esprit en général, c'est l'expression paroxystique de la singularité du tout, cette notion logeant au coeur de la notion de système, elle-même logeant au coeur de notre contact avec la Réalité. Ce n'est ni plus, ai-je envie de dire, ni moins. L'esprit, et à fortiori la conscience, incarne le tout correspondant au système cérébral, et d'ailleurs au système biologique en général de l'individu, à travers son expérience, c'est à dire ce qu'il ressent, ce qu'il pense. C'est pourquoi je qualifie l'affect et le cognitif de substance noologique, car cette substance existe, elle est réelle, puisque nous en faisons l'expérience et que nous exprimons cette expérience (cogito ergo sum), mais elle n'est pas physique, bien qu'elle réside dans la "matière" (des électrons). C'est le propre du tout, au sein du système, que de se distinguer de la matière dans laquelle il réside. La conscience ne s'attache à aucune nécessité de libre arbitre particulière, autre que le tout d'un système en exige de manière générale. Elle ne "prouve" d'ailleurs ni plus ni moins l'existence de Dieu que l'atome, le soleil, l'oeuf et la poule, l'écosystème terrestre et tout ce qui l'entoure.    

Le libre arbitre est une illusion, et j'affirme que cette vérité, si elle ne peut être scientifique, comme l'héliocentrisme du système solaire, est une vérité de nature épistémologique. Or les sciences dites molles ont en commun avec la science, d'être sujettes à l'empire de la logique. Le libre arbitre est une illusion, parce que, ce qu'il est censé incarner, ne peut pas être. Ce ne peut pas être, pour autant de raisons qu'il y a de soit-disant manifestations du libre arbitre, par conséquent, pour démonter le libre arbitre de manière empirique, il faudrait avoir accès à chaque situation à laquelle on l'associe. Je tâcherai de prendre des exemples typiques de l'exercice supposé du libre arbitre pour analyser la réalité des ressorts à l'oeuvre, mais au-delà de la démarche empirique, il y a la possibilité, et la nécessité, d'une construction théorique. Je vais tâcher de démontrer, aux moyens d'une théorie générale, que le libre arbitre ne peut pas exister.   

11 juin 2015

Aléa Akbar

Le mal n'a pas reculé, et il n'a pas reculé principalement pour une raison, de nature stratégique en même temps qu'idéologique, c'est que l'on a pas encore compris, à ce stade, que le rôle de la constitution, de l'institution, c'est de compenser la cécité du Dieu dont la gouvernance détermine le plus notablement et le plus cruellement la condition individuelle de l'être humain, j'ai nommé Aléa.

Aléa décide : Toi tu seras beau, toi tu seras laid, toi tu seras fort, toi tu seras faible, toi tu seras riche, toi tu seras pauvre, toi tu seras brillant, toi tu seras médiocre, toi tu seras important, toi tu seras quantité négligeable, toi tu jouiras des plus précieux nectars de la vie, toi tu embrasseras la détresse jusqu'au silence assourdissant de la plus profonde souffrance, et toi, tu connaitras telle association de ces expériences, dans telles proportions.

Et les Dieux de l'ordre et du chaos, qui d'ailleurs sont les mêmes, les Dieux de l'amour, ceux de la haine, ceux du désir, de la peur, ceux de la colère, de l'intelligence, Logos, ceux de la poésie, Mythos, les Dieux de la paresse et de la foi, ces Dieux façonnent la civilisation humaine. Ils façonnent l'architecture des sociétés et civilisations, leurs conflits, leurs évolutions, leurs institutions, leur intelligence et leur illusion, leurs mythes. Ces sociétés et civilisations sont d'autant plus complexes (et soumises au chaos) qu'elles sont nombreuses, et cette complexité s'incarne dans la variété des rôles joués par les individus humains au sein de l'organigramme collectif. De ce rôle dépend la condition de l'individu. Or, ce rôle, il est distribué par Aléa. Cette société produira X SDF dans une période Y. Aléa décide quels seront ces individus. Elle produira X beaux, X laids, X forts, X faibles, X riches, X pauvres, X brillants, X médiocres, X importants, X négligeables, au grée de la fantaisie des Dieux Faiseurs comme de la réalité implacable des lois de la physique, celles de l'économie, la biologie, de la sociologie, de l'économie, de la science, de l'histoire, de la géographie et de la politique, de la psychologie, cette société produira ces individus, et c'est Aléa qui les choisit parmi les individus statistiquement disponibles.    

Le rôle de l'institution, de la constitution, c'est d'offrir à l'individu défavorisé par Aléa, la compensation de la loi de l'Homme. C'est offrir à la collectivité de traiter ses propres mécanismes de façon à éviter de donner à Aléa plus de travail qu'il n'en mérite, des mécanismes institutionnels et constitutionnels au service de l'équité, la valeur ultime qu'il appartienne à la loi des Hommes de porter, valeur, par définition, la plus universelle de toutes. L'équité, cela implique l'épanouissement, et cela implique aussi le renoncement. Toi, si l'on te donne le choix entre, d'un côté, le risque de crever de misère pour entretenir l'espoir de devenir riche à craquer, et de l'autre, l'assurance de pourvoir à tous tes besoins et ceux des tiens dans un monde où il est impossible de devenir richissime, que choisis-tu? Toi, si l'on te garantit que tu ne seras jamais traîné dans la boue sous les jets de pierre de la foule, accepteras-tu de renoncer à toute aspiration de gloire? La loi ne sert à rien si elle ne sert pas à offrir de l'équité. L'équité des chances, des connaissances, de la jouissance, de la douleur, de la liberté et du devoir.

L'égalité des chances, ce n'est pas offrir de la place au libre arbitre. Le libre arbitre, c'est le nom que tous cete légions d'abrutis en tout genre donnent à Aléa. L'égalité des chances, c'est quand chacun reçoit sa ration de dignité. Quand l'Etat pourvoit, auprès de chaque individu au sein de la société qu'il accompagne, à la même offre en dignité, matérielle, mais surtout, évidemment, morale, telle que je l'ai décrite, à travers l'accès à l'enseignement, à la culture, aux loisirs. Un enseignement digne de ce nom, qui en paie le prix, un prix exhorbitant quand on voit la misère d'où l'on part, qui fasse de chaque élève une élite. Une culture digne de ce nom, pas cette production à la chaîne qui encombre le PAF comme la toile dans l'unique optique de générer de l'or, encore et toujours l'or, des loisirs dignes de ce nom, auxquels s'associent nécessairement des compétences, peut-être même des connaissances. 

Aléa, c'est aussi la réalité qui se cache derrière le mythe du Dieu Protecteur, très présent au sein de la mythologie monthéiste : Dieu protège si l'on se conforme à sa Volonté, et plus absurde encore, Dieu protège si l'on prie Dieu. Il n'y a qu'Aléa pour décider qui sera protégé de quoi, et quand, à l'intérieur du cadre statistique que produit la société, il n'y a qu'Aléa pour décider quelle prière sera exaucée, laquelle ne le sera pas, fût-elle raisonnable ou fantaisiste, car le probable ne se réalise qu'au grée d'Aléa, tout comme l'improbable, toujours au sein du cadre statistique en vigueur, or en matière de statistiques, le cadre est immense, car l'improbable se produit sans arrêt, en tous points de la société, et le probable manque souvent son rendez-vous en tout type d'occasions.

Mais quelle idée, quelle idée stupide, absurde, d'imaginer que Dieu puisse être sensible à une prière, comme si Dieu prenait conseil auprès de l'être humain, comme si Dieu ne savait pas ce que l'être humain désire et craint par dessus-tout, et ce, sans le moindre besoin de prière. La mythologie monothéiste présente un Dieu protecteur complètement fantaisiste, et c'est la raison principale de son discrédit irréversible.

Il n'y a pas de Dieu protecteur, autre que l'éthique, celle qui préside à la représentation, et dans une moindre mesure au comportement humain. Si le comportement peut échapper aux représentations au sein du même individu, le fonctionnement de la société est effectivement issue des représentations du juste, de l'injuste, du vrai et du faux qui la gouvernent, celles qu'elle a érigées en sacré, celles qui intègrent sa constitution. L'éthique, en d'autres termes, a plus de pouvoir sur le comportement collectif qu'individuel, or c'est le comportement collectif qui place le curseur du juste et de l'injuste dans la réalité d'une société. L'éthique, son élaboration, son respect, constitue la valeur la plus sacré pour l'être humain. 

9 juin 2015

Le progrès

J'ai dit plus haut que la civilisation n'a connu, jusque-là, aucun recul du territoire du mal en son sein, mais plutôt sa conquête. Cette affirmation, hautement subversive, mérite explications. C'est le moment de livrer une définition du bien et du mal. J'aborderai par la suite le sujet plus spécifique du sacré.

Le mal, c'est la souffrance, c'est à dire l'ensemble des phénomènes individuels et collectifs qui contribuent à la putréfaction de l'esprit, tout ce qui vient empêcher, paralyser l'épanouissement de la dignité. La dignité, c'est l'ensemble des phénomènes noologiques auxquels correspond le génie humain dans le cadre de son expression conforme aux impératifs éthiques, sa créativité, son intelligence propre à cultiver ce qui est juste. Ce qui est juste, c'est ce qui, dans son expression primaire, répond au besoin vital de l'être humain, et par extension, enrichit l'esprit et/ou divertit sans nuir à quiconque. Le besoin vital est biologique est noologique. Dans les deux cas, il correspond au seuil d'inconfort au delà duquel s'installe la souffrance. Enrichit l'esprit toute compétence et toute connaissance. Or la condition principale à remplir pour l'émergence de la dignité, c'est la jouissance, collective et individuelle, d'un sens, le sens de son rôle au sein du monde. La dignité, c'est jouir du sens de la vie, et de la faculté de le cultiver. Or, ce sens ne peut, pour avoir du sens, que s'inscrire à l'intérieur du cadre éthique qui offre, justement, à la société, l'épanouissement du sens. L'éthique, c'est ce qui sert à donner du sens, le sens du juste, de l'injuste, du vrai et du faux. Or, pour prétendre disposer de réponses fiables en la matière, quelles qu'en soit la provenance, il faut justifier du combat contre l'illusion dont elles ressortent, il faut, quoi qu'il en soit, cultiver la plus grande humilité. L'humilité constitue la principale jauge de la dignité. L'humilité n'est pas la modestie, elle n'exclue aucune forme d'audace. Elle n'exclue que l'illusion. 

Le bien, c'est tout ce qui combat le mal, ou ne combat rien du tout, mais n'engendre rien de mal. Le bien, pour une société, c'est les écoles, des écoles qui disposent des moyens de dispenser l'enseignement, d'offrir la connaissance, la compétence, matière première de la dignité. L'enseignement est à la dignité ce que l'agriculture, l'industrie agroalimentaire est au métabolisme. Le bien, c'est quand l'ensemble des conditions sociales requises dans un milieu donné pour que l'école serve à quelque chose, sont remplies. Le bien, c'est quand la civilisation, les sociétés qui la forment, ne sont pas basées sur l'exclusion et l'exploitation, mais sur la collaboration, où chacun subvient à ses besoins vitaux, et offre à la société ce qui est en sa faculté de développer de juste, ce que son éducation et/ou son talent pur lui a offert comme chance. Bref, le bien, pour une société, est une utopie. Le XXe siècle a interdit de nourrir l'utopie, en raison des effets dévastateurs que ces utopies ont eu. Le XXIe siècle verra la renaissance de l'utopie. Cette fois, l'utopie sera un projet. La différence entre l'utopie et le projet? L'illusion! 

Le mal, ai-je dit, c'est la souffrance. Mais nul combat contre le mal ne se mène sans douleur. La douleur, c'est l'effort, l'effort indispensable à l'apprentissage, quel qu'en soit la nature. C'est aussi le prix que l'on paie pour se libérer de l'illusion. Il n'y a pas d'illusion perdue sans douleur, or toute illusion perdue, fût-elle douce ou amère, est une victoire sur le mal. La douleur ne fait pas qu'accompagner la naissance, elle ensemence la connaissance. A condition de ne pas se transformer en souffrance, ce qui se produit au contact de l'illusion, et entraîne la prolifération de la haine, de l'amertume, de la frustration. Ce qui rend le mal possible, son épanouissement et sa pérennité, c'est l'illusion. L'illusion est mère de tous les vices, elle est l'ennemie numéro un de l'humanité.  

La souffrance est une douleur qui a mal tourné, et se signale éventuellement dans un vacarme fanatique, mais c'est aussi le silence. Le silence de ceux qui ploient sous le poids du monde, sans aucun espoir ni pour eux-mêmes, ni pour leurs enfants. Ceux qui se cassent les reins pour un bol de riz, ou qui errent dans la misère et ne se nourrissent que de poussière. La souffrance, alors, cohabite, dans le même corps, avec la plus pure dignité, la plus nue, celle qui réside dans l'unique humilité.  

La civilisation n'a connu aucun recul du mal depuis son avènement, mais plutôt sa conquête, pour deux raisons. La première raison, c'est que la misère tend à proliférer, la seconde, que le sens tend à se désagréger, et ce dans le même mouvement, principalement impulsé par le règne de l'argent en expansion constante, au paroxysme de son expression en ce début de XXIe siècle. Dieu Régisseur est surtout fait d'or. La mort de Dieu a laissé plus de place au libre arbitre, mais elle a aussi laissé libre cours à une extraordinaire manne d'or, dont l'abondance est proportionnelle à la misère qu'elle entraîne. Aussi, nous assistons au spectacle paradoxal de la plus grande fortune jamais amassée par les êtres humains depuis qu'ils se sont organisés en civilisations(s), la civilisation en question ayant pour objet principal de générer de l'or, fortune adossée à la plus grande misère jamais déployée.       

Dans leur expression archaïque, la civilisation, les sociétés n'étaient pas indemnes de misère, mais elles en recelaient infiniment moins que notre civilisation du XXIe siècle. La condition de cerf, de vassal, de sujet, avec l'ouvrage qui l'accompagnait, est infiniment plus digne que la condition de prolétaire, de clochard, d'assisté, avec la souffrance dont elle ressort. Par ailleurs, la condition d'esclave a explosé en quantité, sans ne rien changer en qualité.  

Prenons l'Afrique. C'était un continent régit par des lois ancestrales classiques, universelles, avec des esclaves sans doute, mais surtout des serviteurs des Mythes qui régissaient leur existence, et des souverains qui en descendaient d'un droit incontesté et éternel. Comme nous, en Europe, ils labouraient la terre et ouvrageaient leur monde dans la douleur de l'effort, mais dans la jouissance du sens. Mais la poudre et les molosses venus du Nord, mus par l'appât du gain sonnant et trébuchant, ont littéralement dévasté cette civilisation plus humble que la leur. Il n'y a plus eu, après leur passage, que des esclaves, des prolétaires, des indigènes. Et encore aujourd'hui, il y a plus que partout ailleurs, en Afrique et dans les îles peuplées de descendants d'esclaves africains, des esclaves, des prolétaires, des indigènes, ceux qui vivent dans un monde où leur vie, leur dignité n'a pas la même valeur que la nôtre, occidentaux ou autres riches.

Dans le sinistre tour d'horizon de la misère, vient vite l'Asie, où elle est sans doute plus active, mais tout aussi misérable, et sans doute aussi massive. Asie, esclave du monde. Et l'Amérique du Sud... Et que dire du monde occidental? La misère n'y est pas la même, elle est moins matérielle, plus existentielle, spirituelle, culturelle, mais tout aussi massive. Et toute cette misère, matérielle ou morale, nous lui voyons clairement une origine, la voracité, l'appétit dévorant de l'or. L'or de ceux qui veulent faire faire des économies aux Etats, lesquels pourtant, peuvent, seuls, lutter significativement contre la misère, urbi et orbi. L'or de ceux dont l'or est pris sur des terres infestées de misère. L'or que fabriquent ces matières premières si précieuses, non seulement ne soulage pas la misère au sein de laquelle elles sont extraites, mais l'entretient par sa voracité. Et l'or que génèrent les flux d'or ne soulage pas non plus la misère, bien au contraire. La spéculation, portée au stade de machine ultra complexe dont les algorythmes garantissent un profit mirobolant, à moins qu'ils n'engendrent les dépressions les plus violentes, est une machine à fabriquer de la misère à la chaîne, déchet surabondant de sa production d'or, fût-elle réussie ou gâchée.  

Non, le mal n'a pas reculé d'un pas. Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu de coups portés au mal, je dis qu'ils ne l'ont pas fait reculer, et qu'au contraire, il n'a fait qu'avancer. Il y a les coups portés au mal de nature technologique. Le mal de nature biologique, par exemple, a effectivement considérablement reculé. Il y a les coups portés au mal de nature éthique et institutionnelle, mais ceux-là n'ont pas payé. Le citoyen n'a accompli aucune conquête de la dignité par rapport au vassal, au serf. Il a peut-être gagné en confort, et encore, le prolétaire du XIX et de la première moitié du XXe n'est pas de tout repos, mais le chômeur, le "défavorisé" du XXIe jouit toujours plus théoriquement de ses droits et de ses libertés, pendant qu'il souffre toujours plus concrètement de misère existentielle voire matérielle. Par ailleurs, la civilisation occidentale a bâti sa prospérité urbi sur la misère orbi, tout en maintenant la misère urbi à côté de la prospérité. 

Le mal n'a pas reculé, mais cela signifie-t-il qu'il ne reculera jamais? Nullement. Avant que la biologie moléculaire, à travers la médecine moderne, ne soit capable d'éradiquer les épidémies, ces dernières étaient aussi brutales qu'inéluctables, frappant à travers siècles avec la régularité de la faux. Avant que la biologie moléculaire ne soit en mesure d'identifier le mal et d'élaborer des stratégies pour le contrer, il avait toutes les apparences d'une fatalité, promis à l'éternité. En ce XXIe siècle, l'enjeu n'est plus biologique, il est noologique. C'est en comprenant mieux la sphère noologique que nous nous offrirons des stratégies significatives de combat contre le mal, aussi significatives, je le crois pour ma part, que furent les avancées sur le plan biologique. Cela me semble aller dans l'ordre des choses, dans le sens de l'évolution de la connaissance, la même évolution qui conduit de l'exploration du globe terrestre, à celle du Cosmos, l'évolution qui conduit du silex au microprocesseur, l'évolution du Système Homo post Sapiens, l'évolution de l'Oeuvre de Dieu.

Je l'ai dit, la question n'est pas tant, à mes yeux, de savoir si nous accomplirons ces progrès, enfin dignes de ce nom, en matière de lutte contre le mal, de culture du bien, mais dans quelles circonstances cela se produira. Si la probabilité pour l'espèce humaine de s'éteindre avant d'atteindre ce stade de son évolution, au rythme où nous massacrons nos ressources, est objectivement loin d'être négligeable, je suis porté à croire que l'heure n'a pas encore sonné. C'est le choix entre la Révolution et l'Apocalypse qui est en train de se faire, et vous avez bien compris pour quelle option je plaide.

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